Talbi : «J’ai choisi cet art par amour à ma région»

Talbi : «J’ai choisi cet art par amour à ma région»

ALM : Après une période de recherche et d’hésitations, Talbi One a enfin retrouvé les tubes qui le rapprochent de son public. A toute célébrité, il y a un début, comment avez-vous entamé votre parcours ?
Talbi One : J’ai gravi les échelons de l’apprentissage musical tout simplement. Durant ces trois dernières années, la musique et la danse Reggada ont connu un engouement populaire. J’ai essayé de contribuer humblement à faire connaître ce style. Entre l’Europe et ma région natale, les galas et les soirées prennent un rythme des plus ascendants. Depuis mon tube, «Sougui bellati», les succès se sont succédé. Mais je garde toujours les pieds sur terre. La scène ne peut changer que ceux qui le veulent.
Concernant mes débuts, j’ai commencé avec mon frère cadet et mes deux sœurs lors du célèbre concours «Sibake Elmoudoune», durant lequel la ville de Berkane a obtenu la première place. C’était un prélude pour une vie professionnelle qui m’a mené vers des études d’une dizaine d’années au conservatoire de ma ville natale, Berkane. J’ai tenté, d’abord, le violon, mais sur conseil de mon professeur de musique Loude Mimoun Rami, j’ai rejoint la branche chant en tant que membre de la chorale du conservatoire. C’était le début d’une aventure qui s’est avérée concluante.

Comment avez-vous pu vous frayer un chemin vers la célébrité et surtout vous faire connaître autant en Europe qu’au Maroc ?
C’est au conservatoire que j’ai compris que je devais compter sur moi-même pour percer dans un monde qui ne badine pas avec les hésitants. Tout au début de ma carrière, j’ai fait l’expérience du groupe familial, à l’instar des Mégri ou des Bouchnak. Chose qui reste, pour moi, une référence dans le domaine du travail collectif. C’était la période de la chanson «Wallah Ma Qadite», en 1993, qui a fait connaître le groupe. Ensuite, il y a eu une pause durant laquelle je me suis consacré aux études en Europe et pour mieux repenser ma carrière. C’était un temps de recherche qui m’a permis de découvrir et de connaître l’importance du patrimoine musical. Je parle surtout de la variété, de ses mélodies et les possibilités de créativité qu’elle offre. En comparant, par exemple, la reggada avec le reggae, le raï, la salsa, ainsi que d’autres musiques afro-caribéennes, je me suis rendu compte que ce genre musical peut se frayer une place de choix sur la scène internationale. Cette musique, qui fait vibrer tout le corps et ne laisse personne insensible à ses sensations, pouvait aussi me faire mieux connaître. C’était le bon choix de ma carrière de chanteur et compositeur. J’ai opté pour la reggada brute avec ses instruments et mélodies de départ. Il fallait d’abord maîtriser les techniques de base pour prétendre au renouveau. La rythmique locale avait besoin de supports modernes. À l’instar du raï, la reggada peut conquérir d’autres univers si on arrive à faire de bons arrangements.

C’est par souci de modernisme que vous avez opté pour ce créneau ou tout simplement pour répondre à une attente du public ?
J’ai choisi cet art par amour à ma région et pour permettre au patrimoine de la région de Berkane de se mettre au diapason de ce qui se fait dans plusieurs régions du Royaume. Notre patrimoine folklorique est très riche et se prête à de multiples exécutions. C’est ce que je tente de faire. C’est aussi un moyen pour pérenniser cet art et contribuer à la mise à niveau de notre variété musicale. D’où l’importance de moderniser ce patrimoine arabo-berbère. Le quatre quart du départ est en mesure de faire danser même ceux qui ne connaissent rien en arabe ou en berbère. À partir de cette mélodie, les apports de circonstance ajoutent un plus. C’est ce que j’ai essayé de faire dans ma chanson «Bouhali, bouhali». Le six-huit, un peu proche du gnaoui, a propulsé la tonalité initiale. C’est grâce aux nouveaux arrangements et au choix des paroles qu’on peut attirer les jeunes dans un style ensorcelant tout en leur faisant connaître leur propre culture.

Vous êtes connu par la variété de votre répertoire et la richesse de la thématique abordée dans les chansons. Quels sont vos thèmes de prédilection ?
Mon premier succès «Wallah Ma Qadite», en 1994, abordait le thème de l’amour dans son état pur. Treize ans après, «Qalou Zouama» traitait la question de l’immigration clandestine et le désespoir des jeunes. Le racisme et le calvaire pour l’obtention d’une carte séjour en Europe font aussi l’objet de plusieurs chansons. «Sougui bellati», le succès, qui m’a vraiment propulsé en 2006, est une caricature de la vie sociale et d’un certain mode de vie. Actuellement, je suis à mon huitième album. Un clip vidéo vient d’être réalisé avec des comédiens connus tels que Jawad Sayeh, Karima Yissate et l’Algérien Mustapha Bila Houdoude. C’est la thématique de la fraternité et des relations humaines qui est mise en exergue, cette fois-ci.

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