Tanzanie : un vampire condamné à la pendaison

L’homme était accusé d’avoir découpé le corps de la fillette de cinq ans et d’avoir bu son sang, en vertu de croyances dans ce pays d’Afrique de l’est de s’attirer ainsi la chance. «Des témoins ont déclaré au tribunal que l’accusé avait coupé les jambes de la fillette à minuit et avait bu son sang», a déclaré un procureur de la région nord de Mwanza. La loi en Tanzanie prévoit la mort par pendaison pour les personnes reconnues coupables de meurtre et haute trahison. Toutefois, personne n’a jamais été pendu depuis les années 80. Quatre personnes ont également été condamnées à la peine capitale en novembre dernier pour le meurtre d’un garçon albinos de dix ans. En mai dernier, l’ONG canadienne «Under the same sun» (Sous le même soleil) avait dénoncé un rythme inquiétant d’assassinats et de tentatives d’assassinats rituels d’albinos dans ce pays et au Burundi. Cette série noire d’assassinats a été lancée en 2007 dans les deux pays avec la vente de parties du corps à des sorciers qui concoctent des potions magiques ou des gris-gris. L’ONG avait vivement critiqué la justice en Tanzanie «bien trop lente à venir»: sur 63 dossiers, seuls deux ont abouti à des condamnations (à mort) ces deux dernières années, notait-elle, un contraste saisissant avec les condamnations prononcées au Burundi dans 12 des 14 dossiers. Les enfants albinos qui ne sont pas tués à la naissance sont souvent confrontés à la discrimination, le ridicule et la stigmatisation par la famille et les amis. Les mères d’enfants albinos refusent souvent de les allaiter et accusent leurs maris de les avoir trompés avec les Européens blancs. En Afrique, la plupart des enfants albinos sont élevés par des mères célibataires. Les albinos souffrent d’une maladie génétique caractérisée par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux. Ils sont, en plus, victimes de discriminations dans de nombreuses régions d’Afrique.

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