Traditions ramadanesques : Ramadan au Sahara, entre traditions et modernité

Traditions ramadanesques : Ramadan au Sahara, entre traditions et modernité

Pour la rupture du jeûne, les familles sahraouies choisissent un menu spécial, dont les éléments essentiels trouvent leur origine dans la nature saharienne. Le  f’tour se compose d’une harira d’orge, contrairement à celle connue dans le nord du royaume. Les Sahraouis optent ainsi pour cette harira notamment pour sa légèreté, ils l’accompagnent des indispensables dattes. Après ce premier repas, vient le lait de chamelle, connu par sa richesse en vitamine C. Par la suite, c’est au tour du pain avec du beurre de lait de caprin. Durant ce mois sacré, la table sahraouie est également garnie du couscous Lâsida, qui est une pâte épaisse constituée de farine et de beurre pur, et lorsque le lait est disponible en abondance durant les époques grasses, les Sahraouis le boivent à tous les repas et en toute circonstance .
Après ce menu copieux, les hommes préfèrent aller à la mosquée pour les «Taraouihes», alors que les femmes prennent la destination du souk.
Après avoir accompli leur devoir religieux, les Sahraouis font leur retournent à la maison pour se retrouver avec leur famille autour d’un thé, et qui constitue dans cette partie du Maroc un rituel spécial dont la préparation peut durer plusieurs heures. Le thé ne constituant pas un but en soi. En effet, aucune assemblée ne peut être tenue sans le thé et le cérémonial qui accompagne sa préparation. Les dernières nouvelles sont échangées et les affaires de la vie courante sont forcément discutées autour d’un plateau de thé. Lorsqu’il fait trop chaud à l’intérieur de la maison, les Sahraouis tiennent ces assemblées de thé sur le pas de la porte. «Les nuits de ramadan autour du thé sont une nécessité dans cette région. C’est l’une de nos traditions les plus importantes», confie à ALM Salak Ould H’mad, un sexagénaire qui n’hésite pas à afficher sa joie de voir ses petits enfants préservent les mêmes traditions héritées de ces ancêtres. Durant les nuits de Ramadan, la ville de Laâyoune grouille de vie. Les habitants s’adonnent à de petites balades nocturnes, notamment sur la plage. Par ailleurs, et tout au long de ce mois sacré, les familles et amis s’invitent à tour de rôle pour partager des moments de convivialité, autour d’un dîner spécial composé essentiellement de viande de dromadaire.
Certains Sahraouis préfèrent passer les nuits du Ramadan sous la lumière argentée de la lune dans le désert. Leur sommeil survient après une ou plusieurs assemblées au cours desquelles ils chantent, se distraient et discutent de littérature et de religion. Lors de ce mois de jeûne, les femmes sahraouies passent le plus clair de leur temps libre à tisser la laine et à réciter des poèmes.  D’autres femmes préfèrent passer leur temps libre entre amies en buvant du thé ou du lait et en abordant les sujets de la vie quotidienne. Ces réunions sociales auxquelles participent les femmes sont baptisées «Wankala» durant laquelle il peut leur arriver de danser la fameuse danse Kussel. Souvent, durant ce mois sacré, les pères de famille racontent des histoires aux enfants avant leur sommeil et aux grands pendant les assemblées tardives. Durant tout ce mois, la ville de Laâyoune s’anime avec une intensité particulière. Les hommes et les femmes portent des vêtements spécifiques à la région. Les hommes portent la Deraâ  souvent colorée en bleu et en blanc, alors que les femmes portent Al Malafa. Les vêtements portés par les hommes et les femmes sont caractérisés par leur simplicité et leur élégance. «Les habits traditionnels sahraouis correspondent parfaitement à la sacralité de ce mois.», explique une demoiselle de Laâyoune.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *