Traditions ramadanesques : Salé : Des coutumes sacrées pour un mois sacré

Traditions ramadanesques : Salé : Des coutumes sacrées pour un mois sacré

La ville aux mille et un saints garde jalousement les traditions des ancêtres à tel point qu’on qualifie ses habitants de conservateurs. Purs et durs, les Slaouis ne badinent pas avec le patrimoine que leur ont légué leurs arrières grands-parents. Et c’est au Ramadan que cette volonté se confirme plus que tout autre mois de l’année. Méditation et prière, de jour comme de nuit, les Slaouis prennent le temps de se recueillir, de lire le Coran et de réciter les invocations recommandées par le Prophète Sidna Mohammed, un chapelet à la main. Certains, pour jouir amplement de ce moment hautement spirituel, se réfugient dans les zaouiat : Sidi Benâcher, Sidi Abdellah Ben Hassoun ou Sidi Ahmed Hajji. C’est ici où des hommes et des femmes passent des heures et des heures dans un silence absolu. L’occasion aussi de se délivrer des maux et angoisses de la vie quotidienne, car, chez les Slaouis, les zaouiat ont l’effet d’une thérapie après laquelle on se sent soulagé. Une coutume ancrée dans la culture des habitants qui, parfois, se dirigent vers les zaouiat spontanément, juste par habitude. Exceptionnel, Ramadan l’est à Salé. Pour l’accueillir, le 29 Chaâbane, un groupe de Neffara scrute le ciel et dès qu’il aperçoit la lune, il coure vers les habitants leur annoncer l’arrivée du mois sacré : «Naâm Allah m’sakoum Ramdan ha houa jakoum!»  Les cœurs se remplissent de joie et les visites familiales se succèdent, la veille, pour souhaiter à l’ensemble des proches «Ramadan Karim».
Coutume oblige, l’art culinaire en est un autre exemple. Aucune famille slaouie n’oubliera de préparer la fameuse recette «Zamita», composée de différentes matières alliant fruits secs, céréales et herbes, toutes réduites en poudre. L’odeur que dégagent la «Zamita» donne toujours envie de la goûter… Mais attention, vous risquez de vous faire prendre au piège, car les femmes slaouies sont toutes de célèbres cordons-bleus. Sellou garni d’amandes, Chebbakia au miel pur et à la saveur incontournable, Briouat aux amandes, R’raïf, Beghrir…et, bien sûr, la soupière de Harira au centre. La table du f’tour est tout simplement un véritable festin. Mais bien avant de prendre le temps de goûter un peu de tout, à la rupture du jeûne, une datte et un jus suffiront car il faut aller à la mosquée pour la prière d’«Al Maghrib». Une fois de retour, la chaleur familiale et les plats succulents font bon ménage. On commence avec un bol de Harira avant de se laisser guider par son appétit. En général, du café et des crêpes terminent le repas du f’tour. Nombreuses sont les invitations au repas de la rupture du jeûne, une occasion pour raviver les liens familiaux et amicaux. Les invités au f’tour sont toujours retenus pour le dîner. C’est ainsi que les Slaouis expriment leur générosité.
Attachement aux liens familiaux et à la religion. Les Slaouis se pressent d’aller à la mosquée pour la prière d’«Al Îchaa». Toutes les mosquées de la ville, et elles si nombreuses qu’on prétend qu’il y en a une dans chaque quartier quelle que soit sa densité, sont archicombles. Rien qu’à Bab Hssaïn, on trouve sept mosquées qu’on appelle «R’jal Al Hafra».
Détente aussi, il en est question au mois de Ramadan. Dès qu’on a rempli son devoir religieux, les familles et amis sortent se balader à Bab Bouhaja, au boulevard de la résistance et sur la place de Bab Lamrissa. Les jardins sont envahis par une foule de femmes, d’hommes et d’enfants qui s’amusent.  Et comme pour chaque Ramadan, des soirées de musique andalouse et de Malhoune sont organisées pour le plaisir de tous.

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