Tueurs en série : L’agence de la mort (2)

Tueurs en série : L’agence de la mort (2)

À force de chercher une issue à cette situation insupportable, L’Husseïne finit par perdre le sommeil. De jour comme de nuit, il ne pense qu’à l’argent. Même quand il est très abattu, il dort et rêve de billets d’argent. «Il faut trouver le moyen d’en gagner», se dit-il pour se rassurer. Mais comment ? Changer de métier ? Que doit-il faire ? D’abord, il ne sait rien faire d’autre. Il n’arrive plus à cacher son abattement. Sa femme voit bien que rien ne va. Ses enfants et son épouse ont perdu le goût de la viande. Ils ne mangent que des légumes et de la soupe aux fèves. Voulant aider son mari, elle lui propose de travailler comme femme de ménage. Cette proposition met L’Husseïne hors de lui. Comment lui, l’homme naguère respecté, vivre aux crochets de sa femme ? Et de quelle manière ? En l’envoyant laver les culottes sales des autres. Jamais de la vie ! Et il a fini par trouver une solution qui lui semble adéquate. Laquelle ?
Début 1989. Comme à l’accoutumée, L’Husseïne se réveille tôt le matin de ce jour. Il fait sa toilette, rase son visage et prend son petit déjeuner. Devant le miroir, il a bien soigné son apparence. Une chemise blanche, un costume, une cravate et des chaussures, tout en noir et voilà notre quinquagénaire ressemble à un homme d’affaires. Il sort de chez lui. De l’autre côté de la rue, en face de sa demeure, il stationne sa Simca 1100. Une marque de voiture qui a fait son apparition en 1967 et commercialisé jusqu’à 1982. Il y monte. Sa destination? Son agence immobilière. Il y arrive quelques minutes plus tard. Il y rentre et se tient derrière son bureau. Après un court moment, il sort. Une centaine de mètres à pied suffisent pour qu’il arrive à un publiphone. Il compose le numéro. 
– «Allo !
– Allo, qui est à l’appareil?
– C’est moi L’Husseïne, tu ne te souviens pas de moi?
– Ah, oui, mon ami, ça va, tu vas bien ?
– Oui et toi ?
-Ça va, L’hamdou Lillah…
– Oui, Si Abdellah, j’ai une très bonne affaire pour toi et je souhaite que nous nous rencontrions demain matin.
– Quelle affaire ?
– C’est une surprise, le plus important est que tu portes avec toi une enveloppe de trente mille dirhams.
– D’accord, à demain matin».
Abdellah était un policier en retraite. La pension de retraite qu’il touche ne lui suffit même pas pour une semaine. La solution ? Il se débrouille pour l’arrondir en marchandant de temps en temps dans divers articles et produits. À chaque fois que L’Husseïne apprend qu’un marchand veut liquider un stock d’une marchandise à bas prix, il l’appelle pour l’acheter et reçoit sa commission. Des transactions commerciales qu’il traite non seulement avec Abdellah, mais également avec Othmane, Abdelkbir, Hadj Mohamed, El Hadi, Si Ahmed et autres…
Le lendemain. L’Husseïne quitte tôt son lit. Avec un sourire aux lèvres, sa femme le dévisage. En fait, elle est très heureuse.
«Sans aucun doute les affaires commencent à marcher», pense-t-elle.
Elle se lève également et rentre à la cuisine. Elle s’apprête à préparer le petit-déjeuner quand il la sollicite de retourner au lit.
– «Je vais prendre mon petit déjeuner au café», lui dit-il tout en lui demandant d’implorer Dieu de le soutenir et de l’aider.
– Que Dieu te bénisse et t’aide.
– Amen »
À bord de sa voiture rouge, il arrive à l’agence immobilière. Déverrouillant la porte, il rentre et s’assoit derrière son bureau. Il allume une cigarette. Tout d’un coup, Abdellah arrive. L’Husseïne se lève pour l’accueillir.
– «Bonjour, Si Abdellah, vous allez bien ?
– Ça va et toi ?
– L’hamdou Lillah.
– Ça fait très longtemps que tu ne m’as pas appelé au point que j’ai pensé que tu m’avais oublié ou que d’autres personnes commencent à te verser une meilleure commission pour chaque transaction.
-Non, non…En tout cas, d’ici une ou deux heures un ami me rejoint avec une belle marchandise.
-Laquelle ?
-Attends qu’il vient pour savoir.
-As-tu l’argent ?
-Bien sûr».


(Demain : L’Husseïne tue le policier en retraite et nettoie son cadavre).

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