Tueurs en série : L’agence de la mort (3)

Tueurs en série : L’agence de la mort (3)

L’Husseïne se lève de sa chaise, avance vers la porte de son agence et la ferme après s’être assuré qu’il n’a été remarqué par personne.
– «Garde la porte ouverte, mon ami, pourquoi la fermes-tu ?
– Pour rester ensemble.J’ai déjà dit à Si Omar qui va nous vendre la marchandise de frapper à la porte quand il arrivera… Il sait que nous sommes à l’intérieur ».
Abdellah s’assoit et s’adresse à L’Husseïne qui prépare du thé.
– «Ah, il me faut du sucre, prends ce journal et attends-moi… Je vais le chercher chez le commerçant».
L’Husseïne s’apprête à sortir. Mais, il retourne. Abdellah qui regarde la Une d’un journal en arabe jette un regard furtif vers lui et lui demande ce qu’il cherche.
– «Rien, rien…Je ne cherche qu’un…», répond-il sans achever sa phrase.
L’Husseïne se tait. Abdellah reprend la lecture du journal. L’Husseïne continue à chercher. Chercher quoi ? L’Husseïne vient derrière la chaise sur laquelle il s’assoit, le scrute furtivement. Abdellah ne se rend pas compte de lui. Il semble être absorbé par la lecture d’un fait-divers. L’Husseïne n’a plus l’air qu’il avait auparavant. Les battements de son cœur s’accélèrent. Ses mains tremblent. Pourquoi? Pas de réponse. Abdellah tourne la Une du journal. L’Husseïne continue à le scruter par derrière. Soudain, il lui tourne le dos, se prosterne et saisit un bâton à côté de la chaise d’Abdellah. Tout doucement, L’Husseïne se lève comme s’il ne voulait pas faire de bruit, se tient debout derrière Abdellah, lève sa main droite. Et rapidement, il assène deux coups successifs et très violents sur la tête d’Abdellah. Pourquoi? Abdellah ne cherche pas de réponse. Il cherche à se sauver. Mais L’Husseïne avait tout préparé.
En un clin d’oeil, il jette le bâton et fait sortir derrière son dos, sous sa veste, un grand couteau et le crible, sans pitié, de coups. Abdellah lance un cri strident, demande du secours. À qui ? Personne ne l’entend. En moins de trente secondes, il finit par rendre l’âme. À sang-froid, L’Husseïne pose le couteau, maculé de sang, sur le bureau et commence à fouiller les poches du costume d’Abdellah. Il y trouve des liasses de billets de banque. Combien ? Il les compte sans regarder le cadavre. Trente mille dirhams. Il sourit et les empoche. Tout seul, il nettoie l’agence. En une heure, pas une goutte de sang par terre. Il met sa veste, ferme la porte et se rend au café pour boire un verre d’eau. Il monte ensuite dans sa voiture et démarre. Tout au long du chemin menant chez lui, pense-t-il au crime qu’il a perpétré contre son ami ? Peut-être. 11h. L’Husseïne est déjà arrivé chez lui.
– «Pourquoi tu es retourné si tôt de ton agence ?, lui demande sa femme.
– Je suis très fatigué et je veux dormir avant de déjeuner.
– Il n’y avait pas encore de travail ce jour ?
– Au contraire, c’est une bonne journée. En une demi-heure, j’ai pu gagné beaucoup d’argent
-Tu es donc très content ?».
L’Husseïne ne la répond pas, il garde le silence. Sa femme lui confie dans l’oreille que personne n’est à la maison. Il semble qu’elle a envie de lui. C’est l’occasion à ne pas rater. Il comprend le signal, la pousse à l’intérieur de la chambre à coucher, la dénude, déboutonne son pantalon et se lance au jeu. Des embrassades, des attouchements, des gémissements et le tout est fini en une vingtaine de minutes. Étrange ! L’Husseïne se comporte comme si rien ne s’était passé. Joue-t-il la comédie ? Ne pense-t-il pas au cadavre qu’il garde à l’agence immobilière ? Que devait-il faire ? Et si quelqu’un l’avait déjà vu? Quelques minutes plus tard, il plonge dans un profond sommeil. Curieux ! Il ronfle comme s’il avait déjà enterré sa conscience avant de passer à l’acte.
13h. L’Husseïne se réveille, prend son déjeuner et dort une fois encore. Sa femme lui demande d’aller à son travail. «J’ai travaillé le matin et j’ai gagné l’argent qui me permettra de payer mes dettes», lui affirme-t-il en souriant. Il ne s’est réveillé que vers 18h. «Je ne rentrerai pas tôt ce soir, parce que je vais rencontrer quelques créanciers pour leur remettre leur argent », déclare-t-il à sa femme. Ce qui est faux. En fait, L’Husseïne retourne à son agence immobilière, y rentre et ferme la porte. Il enlève sa veste, son pantalon et ses chaussures. Il n’est qu’en short et à torse nu. Avec le savon et de l’eau, il nettoie le cadavre. Sa conscience semble être tranquille. Une fois fini, il sort, se rend au café du quartier, s’y attable paisiblement et prend un café noir. 

 (Demain : L’Husseïne tue ses trois autres amis)

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *