Tueurs en série : le monstre de Casablanca : Mustapha Moutachawiq (12)

Tueurs en série : le monstre de Casablanca : Mustapha Moutachawiq (12)

Parfois l’innocence d’un enfant peut tromper. C’est ce qui est arrivé à Mohamed Cheddadi. Mustapha Moutachawiq lui demande :
– «Ton père Abdellah est au commerce ?
– Oui.
– C’est mon ami. Tu peux me conduire chez lui ?
– Oui.
– Avant d’y aller, on va lui acheter un cadeau. Viens avec nous».
Très heureux, Mohamed met sa main dans celle de Moutachawiq et l’accompagne. Bouchaïb les suit.
– Tu es un beau garçon. Tu seras l’ami de mon enfant. Je vais te photographier pour montrer tes photos à mon fils. Est-tu d’accord?», lui demande Moutachawiq. Intelligent, Mustapha décide de le photographier pour extorquer de l’argent à plusieurs reprises à sa famille. Il ne veut pas commettre la même erreur qui ne lui avait pas permis de faire chanter à maintes fois la famille d’Abderrahim Saber. Sur la route de Médiouna (l’actuel boulevard Mohammed VI), il conduit l’enfant chez le photographe, Abdelaziz.
– «S’il te plait, je veux des photos pour mon garçon. Mais, si tu permets, enlève tous les décors qui ornent l’arrière-plan».
Les photos ont été prises dans différentes positions. Moutachawiq les met dans sa poche. Après quoi, ils prennent tous les trois le bus puis une carriole pour arriver à Sidi Messaoud. Pas loin du puits où le corps du petit Abderrahim Saber n’est plus qu’un squelette, Moutachawiq et son ami bavardent avec l’enfant. Tout d’un coup, Mustapha tient le cou du garçon par les mains. Il serre… serre… serre… Un dernier soupir. Et Moutachawiq lâche le petit corps sans âme. Avec ses deux bras, Mustapha Moutachawiq porte le cadavre de Mohamed Cheddadi, avance de trois ou de quatre pas et le jette dans le puits de Sidi Messaoud. En compagnie de son complice, ils boivent du vin rouge en s’amusant avant de partager le même lit. Après Abdelghafour El Ghalladi, Hassan Laouina, le sans domicile fixe X Ben X, Mustapha Saber, Mohamed Cheddadi devient le cinquième enfant qui s’ajoute à la liste noire de Mustapha Moutachawiq. Le lendemain, 24 octobre 1977, ils se réveillent tôt et se préparent à reprendre leur «tâche» du jour. Laquelle ? Téléphoner à Abdellah Lamrani, père adoptif et époux de la tante paternelle de l’enfant, Mohamed Cheddadi.
– «Ton fils n’est pas rentré, hier, à la maison. Il est chez moi. Ne t’inquiète pas, mon ami, je prends soin de lui. Il est heureux. N’alerte pas la police. Si tu prends cette initiative, Mohamed sera envoyé chez toi corps sans âme».
Moutachawiq raccroche le téléphone. Abdellah Lamrani ne dit pas un seul mot. Sa femme, Aïcha, ne supporte pas le choc, s’effondre, s’évanouit. Le 25 octobre, le téléphone d’Abdellah Lamrani sonne. À l’autre bout de fil, c’est la voix rauque de Mustapha Moutachawiq.
– «Ton fils est toujours en bonne santé. Je suis le chef d’une bande qui l’a kidnappé. Nous réclamons une rançon de 15 mille dirhams. Attention, si tu alertes la police, nous tuerons Mohamed. Je vais t’appeler prochainement .
Entre-temps, Moutachawiq cherche la personne qui recevra l’argent. Ni lui, ni son ami, Bouchaïb, ne doivent rencontrer l’un des membres de la famille du jeune garçon. Toutes les précautions doivent être prises pour ne pas tomber dans les filets de la police qui cherche les kidnappeurs et meurtriers des autres enfants.
C’est au quartier Derb Soltan, qu’il croise, ce 27 octobre 1977, l’enfant Abdelkader Najm Eddine, âgé de dix ans. Il l’a facilement préparé pour être son complice sans que ce dernier le sache.
– «On se rencontrera demain. Tu vas me rendre un simple service contre un billet de dix dirhams», propose-t-il à l’enfant. Celui-ci accepte. Le lendemain matin, Moutachawiq téléphone à Abdellah Lamrani, lui demande s’il a déjà préparé la somme de la rançon.

(Demain : Moutachawiq empoche les 15 mille dirhams
de la rançon)

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