Tueurs en série : le monstre de Casablanca : Mustapha Moutachawiq (14)

«Bouchaïb, je veux qu’on soit, moi et lui (Le voyou), face-à-face, sans personne. Je vais tirer sur lui alors qu’il me regarde», jure Mustapha Moutachawiq à son ami Zinani sur un ton sévère, rude et menaçant.
Cet après-midi du samedi 31 décembre 1977, Moutachawiq prend ses couteaux et son revolver. Il sort de chez lui, s’approvisionne en vin rouge et prend le bus qui l’emmène vers le quartier Ben J’dia pour être à l’heure du rendez-vous.
Comme à chaque réveillon, les autorités déploient un important dispositif sécuritaire pour empêcher tout éventuel incident causé par les ivrognes. Il est 17 h. Moutachawiq attend toujours son ennemi. Celui-ci doit y être à ce moment précis. Il semble qu’il arrivera en retard. Une demi-heure plus tard. Il ne s’est toujours pas présenté. Outre les couteaux et le revolver, Mustapha s’arme cette fois-ci par la patience. Croquant le marmot, il ouvre une bouteille de vin de «Chaudsoleil». Il boit plusieurs verres. Et le voyou n’a pas donné signe de vie. Bref, il ne viendra pas.
Vers 21h, Mustapha ne tient plus sur ses pieds. Un fourgon de police s’arrête. Deux policiers descendent et avancent vers Moutachawiq qui ne se rend pas compte de leur présence.
-«Arrête», l’ordonne l’un d’eux.
Moutachawiq les regarde à peine. Il tente de s’enfuir. En vain. Ses pieds ne tiennent plus. Le policier lui arrache le sachet, l’ouvre et lui dit :
– «Oh ! trois bouteilles ? Tu as déjà vidé la première et tu as commencé la deuxième ? Tu avais soif ou quoi ? ».
Les deux policiers lui demandent de les accompagner au fourgon. Il refuse. Ils le poussent. Il résiste. Ils le repoussent. Et c’est la surprise ! Son revolver tombe par terre. Les deux policiers restent bouche bée. Ils ne croient pas leurs yeux. Un jouet ? L’un des policiers le prend, le scrute curieusement.
– «Ce n’est pas un jouet, un vrai pistolet !», affirme le policier à son collègue tout en avisant son supérieur par son talkie-walkie
Les deux policiers menottent rapidement Mustapha Moutachawiq, le fouillent minutieusement, découvrent les deux couteaux qu’il dissimule derrière son dos et le conduisent vers le commissariat de police. Tout au long du chemin, les deux policiers ne savent pas qu’ils ont mis la main sur un gros poisson, l’homme le plus horrible et le plus recherché, depuis 1970, du Royaume.
Le lendemain matin, le 1er janvier 1978, Moutachawiq se réveille. Les policiers se rassurent qu’il est l’assassin de sept personnes dont cinq enfants à Casablanca, l’agresseur de plusieurs dizaines de fillettes et l’auteur du braquage des deux bijouteries à Fès et de plusieurs autres crimes. Plusieurs policiers l’entourent dans un bureau au commissariat :
– «Tu es Mustapha Moutachawiq?
– Non, de quel Mustapha Moutachawiq parlez-vous?», répond-il froidement. Il n’est ni paniqué, ni effrayé, ni perturbé… Soulagé, il répond à toutes les questions.
– «D’où as-tu eu ce revolver?
– Je l’ai volé à un commandant quand j’étais à l’armée». Moutachawiq ment. Il n’a jamais passé de service militaire. Au fil des interrogatoires, il lâche le morceau:
– «Oui, je suis Mustapha Moutachawiq que vous recherchez». Calmement, Moutachawiq raconte aux enquêteurs tous les crimes qu’il avait commis. Il leur demande de temps en temps de lui donner à manger ou à boire. Les enquêteurs lui apportent la nourriture puisqu’il a accepté de coopérer en avouant tous ses crimes et dénoncer ses complices.
– «Je n’ai qu’un seul complice, Bouchaïb Zinani. Il m’attend à la maison», révèle-t-il.
Sans perdre de temps, les enquêteurs le conduisent chez lui, arrête Bouchaïb Zinani, effectuent une perquisition, découvrent quatre photos de sa dernière victime, l’enfant Mohamed Cheddadi et une lettre que Moutachawiq avait écrite pour l’envoyer à sa famille afin de réclamer une rançon. n

(Demain : Moutachawiq et son complice devant la justice. Quel sera son châtiment ?).

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