Un ftour au Sahara

Un ftour au Sahara

C’est l’heure du Ftour. A la maison de Gajmoula Bent Ebbi, à l’instar des autres familles marocaines, ce moment de rupture du jeûne constitue un moment de partage entre les différents membres de la famille. Réunis autour de la table ornée de différents plats et gâteaux préparés spécialement durant ce mois sacré, Gajmoula et ses six enfants se retrouvent après une longue journée de travail. "Les soirées ramadanesques sont une occasion pour rendre visite à des amis ou à un proche. Les retrouvailles en famille ou entre amis sont très importantes pour consolider les relations, en particulier durant ce mois sacré. Ce sont des traditions séculaires des régions du Sud. Aujourd’hui, nous avons le plaisir de les perpétuer.", affirme Gajmoula Bent Ebbi, députée du Mouvement populaire.
Et d’ajouter : "A Laâyoune par exemple, les familles se réunissent après le Ftour et engagent de longues discussions tout en dégustant un bon verre de thé sahraoui". Par ailleurs, le mois de Ramadan est également, pour cette militante chevronnée, synonyme de travail. Députée dynamique, elle siège depuis quelques années au bureau politique du Mouvement populaire de Mohand Laenser. Native de Smara, Gajmoula Bent Ebbi est incontestablement une figure politique emblématique des provinces sahariennes. Ancienne présidente des femmes du Polisario et membre du bureau politique du mouvement séparatiste, elle a rallié le Maroc en 1991 après 16 ans passés dans les camps de Tindouf, répondant ainsi à l’appel royal "La patrie est clémente et miséricordieuse". "J’avais 14 ans quand j’ai rejoint les camps de Tindouf. J’y suis restée pendant une longue durée. J’ai effectué une formation à l’étranger puis j’ai occupé plusieurs postes. J’étais présidente des femmes du Polisario et membre du bureau politique. Ensuite, j’ai décidé de rejoindre le Maroc. C’est un choix réfléchi et assumé. Quelques années après mon retour, j’ai rallié le Mouvement populaire.", rappelle-t-elle.
En outre, Mme Bent Ebbi, issue de la tribu des R’guibat, tente à travers son association de regroupement des familles sahraouies de réunir les familles dispersées et de sensibiliser l’opinion publique internationale à la situation dramatique vécue par les Marocains sahraouis dans les camps de Tindouf. "C’est un véritable calvaire que subissent nos concitoyens dans les camps de Tindouf. Plusieurs familles sont dispersées et leurs membres sont sans nouvelles les uns des autres. Il y a des familles qui n’ont pas vu leurs proches depuis plus de 30 ans. Nous avons réussi à réunir certaines familles. Cependant, d’autres souffrent encore.", déplore-t-elle. "Mon militantisme n’est pas uniquement politique, il est également humain.", conclut-elle.

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