Un minaret octogonal pour appeler à la prière

Un minaret octogonal pour appeler à la prière

La ville de Chefchaouen a été toujours considérée comme une ville sainte, ce qui lui a valu son appellation de «Madina Saliha».  Elle compte un important patrimoine religieux : 20 mosquées et oratoires, 11 zawiya et 17 mausolées. Mais son histoire est beaucoup plus liée à celle de la grande mosquée de Chefchaouen, puisqu’elles furent créées toutes les deux au XVème siècle. La grande mosquée de Chefchaouen est la plus vieille mosquée de la ville et l’un des rares édifices religieux au monde à disposer d’un minaret octogonal construit dans un style typiquement andalou. Elle a été édifiée en 969 de l’Hégire (en 1471 après JC) par Sidi Mohamed Alami, fils du constructeur de la ville, Moulay Ali Ben Moussa Ben Rachid Alami. Située sur la place Uta El Hammam, « Jamaa El Kébir »  s’étend sur une superficie de 1500 m2. Elle se distingue aussi par ses nefs longitudinales relevées par des arcs plein cintre. La salle de prière dispose de quatre portes : la porte principale Bab El Hamraa, Bab El Janayaz, Bab El Wodoua et Bab El Madrassa.
Considérée comme un lieu de culte fondateur, la grande mosquée a joué un grand rôle spirituel. Les étudiants, originaires des différentes régions du Royaume, y suivaient des cours de fiqh et de sciences islamiques, humaines et linguistiques. La mosquée avait également assuré une mission nationaliste. Les Alems s’y rencontraient pour prêter allégeance aux Souverains alaouites et donner lecture des Dahirs du Sultan (les Dahirs portaient notamment sur les nominations des magistrats et des walis).
La mosquée fut, pendant le Protectorat, un lieu de rencontre des nationalistes et avait joué un rôle d’encadrement des citoyens pour réclamer le retour d’exil du Sultan Mohammed Ben Youssef et de la famille royale et la libération du pays. Par ailleurs, la mosquée connaîtra plusieurs travaux d’agrandissement sur l’initiative du cadi de Chefchaouen Abou El Abbas Ahmed Ibn Cherif El Alami au 17ème siècle. Hormis l’entrée principale, le sanctuaire est dépourvu de la traditionnelle décoration luxuriante qui enjolive l’espace intérieur. Elle a connu tout récemment des travaux de restauration y compris ses dépendances dont le coup d’envoi a été donné par SM. le Roi Mohammed VI, le 1er février 2006. La grande mosquée de Chefchaouen est un témoin de l’histoire glorieuse de cette ville du Nord.
Grâce à sa beauté architecturale et sa valeur historique, cet édifice religieux domine l’ancienne médina. Son emplacement à proximité de la fameuse kasbah lui confère un prestige inégalé. Somptueux, cet édifice religieux et historique s’associe à d’autres monuments historiques pour donner à la place Uta Hammam un charme spécifique.

La ville aux sept portes

La construction de Chefchaouen en 1415 JC par le Chérif Moulay Ali Ibn Rachid plus connu par Ibn Joumaa s’inscrivait dans un contexte de résistance locale à la conquête ibérique. Construite dans un style architectural arabo-andalous, la ville comprenait :
– Une citadelle (la kasbah) rectangulaire de 72m x 52m qui occupe la partie nord-ouest, le quartier de Souiqa
-une grande mosquée
-Un puissant rempart flanqué de tours et percés de sept portes qui sont Bab Souq, Bab El Ayne, Bab El Harmoune, Bab El Himar, Bab El Mahrouq, Bab El Maqaddam et Bab El Ansar.

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