«Un nouveau Code de la route est incontournable»

«Un nouveau Code de la route est incontournable»


ALM : D’après les statistiques de l’année 2008, les accidents de la circulation sont en hausse par rapport aux années précédentes. Quel commentaire faites-vous de ce constat?
Azzedine Chraïbi : Effectivement, les statistiques définitives de l’année 2008 font ressortir un bilan global à la hausse, avec des augmentations inquiétantes de l’ordre de 9,83%, 8,44%,  4,72% et 11,78% respectivement pour les nombres d’accidents, de tués, de blessés graves et de blessés légers.  L’analyse de ces statistiques fait ressortir que les usagers vulnérables (piétons et conducteurs des deux roues) sont les principales victimes, avec 2212 tués, soit 53% du nombre total des tués au niveau national. En milieu urbain, le nombre de tués dans cette catégorie représente près de 80% des tués, à cause du manque de signalisation et de la mauvaise répartition des espaces entre les différents usagers de la route.

Le ministère de l’Equipement et du Transport ne cesse de mettre l’accent sur la nécessité de la réforme du Code de la route afin d’assurer une meilleure sécurité routière. Qu’en pensez-vous?
Un nouveau Code de la route est incontournable pour lutter contre la violence routière. Je rappelle que depuis l’année 2008, 11 personnes trouvent la mort sur les routes quotidiennement, au lieu de 10 durant les années précédentes. C’est cette situation dramatique qui a présidé à inscrire le projet du Code de la route comme un axe fondamental de la Stratégie nationale de sécurité routière. Le nouveau projet préconise plusieurs mesures dissuasives et de mise à niveau des professions liées à la sécurité routière ainsi que l’introduction du concept de contrôle automatisé des infractions. En outre, le Code actuel qui date de 1953 reste en déphasage avec les évolutions technologiques et ne permet pas de répondre aux impératifs de développement socio-économique de notre pays.

Les professionnels du secteur du transport affirment, pour leur part, que  la cause principale des accidents est la précarité des infrastructures routières. Que répondez-vous à cela ?
Selon plusieurs études réalisées en la matière, les facteurs liés à l’infrastructure représentent près 10 % seulement  de l’ensemble des causes qui interviennent dans la genèse des accidents de la circulation. Le ministère de l’Equipement et du Transport déploie des efforts colossaux en vue d’améliorer les infrastructures routières. De nombreux chantiers ont été lancés, dans le cadre du PSIU I et II, portant essentiellement sur le traitement des points noirs, la construction  des glissières de  sécurité et des pistes cyclables, la mise à niveau de la signalisation routière à l’entrée des villes, et l’adaptation des équipements routiers à l’environnement des routes nationales.

Ne pensez-vous pas que le problème se pose au niveau de l’éducation et la sensibilisation des citoyens ?
Notre stratégie de communication repose sur l’éducation et l’information des différents usagers de la route en accompagnement de la stratégie nationale de la sécurité routière. Le droit à la vie est une priorité absolue que nous essayons de véhiculer dans les actions média,  hors média et de partenariat que nous mettons en œuvre depuis 2004. En parallèle, le CNPAC développe progressivement une expertise dans le domaine de la recherche scientifique et des études opérationnelles liées à la sécurité routière.

Vous avez signalé, récemment, la révision de la stratégie de travail du CNPAC. En quoi consiste votre nouvelle stratégie ?
La stratégie de communication du CNPAC fait partie de la stratégie gouvernementale de sécurité routière. C’est une stratégie dynamique qui est réajustée selon l’évolution des indicateurs de la sécurité routière au niveau national. Après la hausse des accidents en 2008, notre stratégie a été revue en 2009 en vue de préparer le retour à la normale en 2010 et atteindre les objectifs du 2ème plan stratégique intégré d’urgence pour  la période 2008-2010 en coordination avec les différents départements ministériels et les corps de contrôle.

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