Une plante qui regorge d’énergie

Une plante qui regorge d’énergie

L’herbe à éléphant (Miscanthus Giganteus), originaire des contrées humides d’Asie, fait ses premiers pas en France, en particulier dans l’Ouest, après avoir fait ses preuves comme biocombustible en Grande-Bretagne notamment.
Ce roseau de Chine est facile à cultiver, demande peu de main-d’œuvre et a un bon rendement pourvu qu’il ait assez d’eau et de lumière, selon les promoteurs du miscanthus, dont l’expérimentation a commencé de façon très confidentielle en 2004 dans l’Ouest de la France.
La plante, qui peut mesurer jusqu’à 3-4 m de haut et dont seule la tige est utilisée, se récolte au printemps dès la deuxième année de culture. Elle repousse chaque année à partir de son rhizome et peut rester en place plus de dix ans sans devenir envahissante.
Peu exigeant en température, le miscanthus s’adapte à tous types de sol et peut même, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), pousser sur des sols riches en métaux lourds.
L’herbe à éléphant, qui se brûle dans des chaudières adaptées à la biomasse, possède un pouvoir calorifique important (jusqu’à 5.000 kilowatts/heure par tonne) et son utilisation est particulièrement économique pour le consommateur d’énergie. Il coûte de 20 à 22 euros le mégawatt/heure contre 55 à 60 euros pour le fioul, selon Emmanuel de Maupeou qui dirige Bical Biomasse France, une société d’Eure-et-Loir spécialisée dans la culture et la transformation du miscanthus.
Alors que 15.000 hectares sont plantés depuis la fin des années 1990 en Grande-Bretagne -dont 7.000 pour alimenter en combustible la centrale thermique de Drax, la plus importante du pays, la France n’en compte encore que 800 hectares, essentiellement au nord de la Loire, selon M. de Maupeou.
Comme lui, un nombre croissant de professionnels s’intéressent à ce nouveau biocombustible, à l’instar des dirigeants de la Coopédom, une coopérative de déshydratation de fourrage basée à Domagné (Ille-et-Vilaine) qui utilise le miscanthus dans ses chaufferies.
«Les coûts énergétiques représentant 38% de nos charges, nous cherchions, pour des raisons économiques et écologiques, une énergie de substitution pour réduire l’utilisation d’énergies fossiles comme le charbon», explique Samuel Maignan, l’un des responsables de la coopérative.
Cette année, des adhérents de la Coopédom ont planté 55 hectares de miscanthus, l’objectif étant, d’ici à trois ans, d’en cultiver 400 hectares pour pouvoir substituer 30% du charbon actuellement utilisé.
Des questions subsistent cependant quant à la viabilité de cette culture biomasse en France, selon l’institut Arvalis qui teste les nouvelles techniques de production agricole
«Il reste beaucoup de points d’interrogation sur la conduite de cette culture», dont la récolte peut être rendue difficile si les sols sont trop humides, relève Anne-Monique Bodilis, ingénieur spécialisée en cultures énergétiques. «On ne sait pas non plus si la productivité annoncée  de 15 à 25 t/ha- sera bien au rendez-vous», ajoute-t-elle. Certains chauffagistes font fi de ces interrogations et proposent déjà cette forme de biocombustible à leurs clients. Dominique Rupin, plombier en Ille-et-Vilaine, a déjà convaincu trois de ses clients de s’équiper en chaudière fonctionnant au miscanthus avec des arguments de poids : «Son pouvoir calorifique est aussi bon que les granulés de bois et surtout il est deux fois moins cher que le fioul».

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