Younes Megri : «Les chansons qui viennent du coeur sont éternelles»

Younes Megri : «Les chansons qui viennent du coeur sont éternelles»


ALM : Au début il y avait un tube qui a fait le tour du monde et qui a propulsé un jeune de 18 ans dans le cercle limité des célébrités qui ont réussi leurs premières chansons.  Quel est le mystère de ce succès?
Younès Megri : Il faut avouer que ce n’est pas facile de préciser tous les contours de cette chanson. Peut-être qu’elle est née avec moi et qu elle me rappelle toutes les personnes qui ont marqué ma vie. Il est aussi possible qu’elle soit le fruit de mes balbutiements musicaux. C’est une chanson incontournable du répertoire marocain. «Lili Touil», puisqu’il s’agit d’elle, m’a fait connaître auprès du public. On me dit que c’est le slow qui a révolutionné la chanson marocaine. C’est vrai car c’est une chanson qui est passée d’une langue à une autre, d’un chanteur à un autre, tout en gardant son déclic émotionnel. Un tube qui a traversé le temps et qui a permis à la chanson marocaine de gagner des galons sur l’échiquier international.

Il semble que ce succès retentissant ne vous a pas facilité la tâche par la suite puisque vous ne composez pas souvent. Est-ce par peur de ne pas garder le même niveau ?
Je ne suis pas de ceux qui se précipitent pour semer à tous les vents. Une chanson a besoin de temps pour mûrir et proposer une nouveauté thématique ou musicale. Le plus important, pour moi, ce n’est pas le nombre de chansons qu’on propose à son public mais de choisir les moments propices pour les présenter afin de leur garantir un minimum de succès artistique. C’est toute la problématique de la qualité et de la quantité qu’on est en train d’évoquer. Composer une chanson n’est pas tâche facile. Elle a besoin d’un certain temps pour gagner en notoriété à l’instar de ces aliments qui gagnent en saveur avec le temps. Par ailleurs, ce qui prime ce sont les sentiments qu’on a à partager. Toutes les chansons qui viennent du cœur et qui ont leurs propres histoires n’obéissent pas à ce qui est ponctuel et peut-être éphémère. Les chansons à la hâte disparaissent avec le temps s’ils n’arrivent pas à assurer la jonction entre ce qu’on veut faire et ce qu’on peut faire. Ce qui explique cette rareté au niveau des tubes produits. En somme je n’ai composé qu’une trentaine de chansons en quatre décennies.

Puisque vous parlez de composition, vous venez d’entamer la réalisation d’un nouvel album. Va-t-on redécouvrir le jeune Younes ou vous allez opter pour d’autres registres ?
Les deux à la fois, d’abord il y a une reprise de certains succès mais il y a aussi des chansons inédites afin de marquer par les actes cet attachement aux critères de la continuité et de la créativité artistique. C’est un travail qui se réalisera en trois étapes. La première partie se fera au Maroc avec des musiciens de différentes nationalités qui vivent au Maroc dont notamment des Anglais, Américains, Français, Bulgares et Hongrois. Une deuxième partie philharmonique, se rapportant à tout ce qui est cordes, violents et violoncelles, se fera à Budapest. Une ville connue pour la qualité du travail musical mais qui est surtout à la portée de notre bourse. L’album prendra forme définitive en France pour ce qui est des mixages et enregistrement des voix. Des titres comme «M’raya» et «Ya dare» seront repris mais avec une sonorité moderne et une nouvelle orchestration. En somme c’est un «packages» constitué d’une dizaine de chansons. Ces enregistrements seront suivis d’un «making off» : petit film de 52 minutes qui retracera toutes les étapes de la mise en forme de l’album. Des interviews avec musiciens ingénieurs de sons, voyages dans certains pays pour gratifier le public.

Ce «making off» nous guidera à parler de vos projets cinématographiques. Où en êtes-vous ?
Je viens d’achever un film en deux parties pour la télévision marocaine. Il a pour titre « Les hirondelles reviennent toujours » réalisé par Narjiss Nejjar. Il  sera diffusé dans deux ou trois mois. Il y a aussi la troisième partie de la série policière qu’on a tournée à Ifrane qui sera probablement programmée durant cet été. On vient aussi de finir «Amour volé» de Ali Salmi qui est un film réalisé pour le grand écran. Les péripéties se rapportent aux confrontations des générations et des milieux influents.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *