Abderrazaq Mihamou : L’avenir ne se prépare pas sur le banc des amphis

Abderrazaq Mihamou  : L’avenir ne se prépare pas sur le banc  des amphis

ALM : Parlez-nous de la naissance du Ridug…
Abderrazaq Mihamou : C’est assez simple en réalité. C’était lors des 24 heures du Mans, d’ailleurs je suis le seul marocain à y officier en tant que commissaire de piste. J’ai eu l’occasion de rencontrer des étudiants anglais qui sont venus au Mans à bord d’une Ferrari et comme j’ai aussi une casquette d’enseignant universitaire je me suis dit pourquoi ne pas partager la même passion avec l’étudiant marocain, pas sur des Ferrari bien évidemment.
Ils ont fait Londres-Le Mans le jour de l’évènement et ils sont repartis juste après. Ils venaient de différentes écoles et universités anglaises.
L’idée est venue de là et nous l’avons adaptée à la réalité marocaine. Il faut dire que c’est le seul évènement qui regroupe tous les étudiants qu’ils soient du privé, du public, marocains ou étrangers pour créer une plate-forme de communication entre les différentes écoles et filières, ainsi l’ingénieur saura ce que fait le marketicien, l’auditeur… créant ainsi une certaine synergie qui prend toute sa dimension sur les réseaux sociaux.

Quels sont les buts d’une manifestation pareille pour les participants ?
En fin de compte, comme je le disais avant, nous avons initié un système de réseautage. Ça c’est le premier but direct. Mais nous apprenons également à l’étudiant à faire du terrain, d’ailleurs dès la première édition s’il y avait une chose à retenir ce serait sans doute : «L’avenir ne se prépare pas sur le banc des amphis, ça se prépare ailleurs». Nous les avons poussés à faire  des dossiers de sponsoring, à créer un système d’appartenance à leur établissement et le défendre face aux sponsors, c’est vraiment un exercice pratique. De cette façon, nous ouvrons la porte de l’entreprise à l’étudiant. Autre point important, chaque année il y a un thème : la première édition a été consacrée à la prévention routière, les étudiants sont descendus dans plusieurs villes pour faire de la vulgarisation en partenariat avec le ministère de l’équipement et le CNPAC.
La deuxième édition, c’était le thème environnemental et écologique et nous avions comme partenaire le Haut-commissariat des eaux et forêts. Les étudiants ont planté des arbres à Maâmoura, Azilal, Chaouen et Marrakech, dans cette idée d’assurer la continuité.

Comment sont choisis les parcours qui diffèrent d’une année à l’autre ?
Nous essayons un peu de rallier les villes universitaires. En 2011, nous avons fait le départ de l’INPT à Rabat vers Beni Mellal, Marrakech, Agadir et puis l’arrivée à l’ENCG de Casablanca. L’année dernière c’était plutôt le nord. Le départ était de l’ENCG de Casablanca vers Tanger, Tétouan, Chaouen, Ifrane, Beni Mellal, Azilal et l’arrivée à Marrakech. Nous faisons découvrir l’arrière-pays aux étudiants marocains, il y a beaucoup de jeunes qui n’ont jamais conduit dans les routes secondaires marocaines et ils ne connaissent pas les paysages.

Quel est le thème et le parcours choisis pour cette édition 2013 ?
Cette année, le thème c’est l’entrepreneuriat social. Nous poussons les étudiants à entrer en contact avec une association et de l’accompagner. Par exemple pour les AGR, donner des conseils au niveau marketing avec des idées pour le packaging, afin de développer le commerce équitable. L’étudiant est formé pour ça, il est armé pour accompagner ces associations et coopératives. Pour ce qui est du parcours, le départ sera donné à  l’ENCG de Settat le 27 mars, pour rallier Beni Mellal, Midelt au pied du Moyen Atlas, Errachidia puis Merzouga, que la plupart des étudiants n’ont pas encore découvert, Ouarzazate et enfin l’arrivée à Agadir.

Chaque année vous primez des personnalités tout au long du parcours, pouvez-vous nous parler de cette particularité du Riduge ?
Depuis son lancement, le Riduge fait en sorte de primer une personnalité de la ville choisie par un comité scientifique à qui les étudiants rendent hommage pour les services rendus à la communauté. Il y a notamment un journaliste qui a été honoré à Beni Mellal qui est passé par toutes les agences du monde, à Marrakech c’était l’acteur Abdeljabbar Louzir ou encore Ali Hassan natif de Midelt. Cette année à Agadir, nous allons rendre hommage aux jeunes ingénieurs de l’école polytechnique d’Universiapolis, qui sont à l’origine de la première voiture de course 100% marocaine, pour les encourager afin d’obtenir une licence pour cette voiture.

Les Ridugiens rendent hommage à Ali Hassan une figure emblématique de la télévision et la radio marocaines

Il est de coutume sur le parcours du Rallye international des universités et de Grandes écoles de rendre hommage à des personnalités natives d’une région traversée par  ces étudiants universitaires qui nous viennent de tout le Maroc et d’ailleurs. Lors de la conférence de presse les organisateurs ont soulevé le nom de Ali Hassan, cette  figure du JT français à la RTM dans les années 70 qui a animé énormément d’émissions dont Ciné club, Cinéma al khamiss et bien d’autres.  Natif de Midelt, il a fait ces premiers pas dans cette ville connue par le délice de sa pomme et l’accueil chaleureux de sa population pour la plupart amazighophone. Ayant une carrière très riche dans le monde du cinéma, où il a réussi ses rôles avec les grands cinéastes marocains il a notamment participé à plusieurs films notamment : Maroc 7, film italien de 1966, Haj Mokhtar Soldi ou encore Al Wakii écrit par Abdalhaq Zerouali,  qui sera diffusé dans le courant de l’année 2013 par Al Oula. Les jeunes universitaires à l’occasion de la 3ème édition du Rallye international ont décidé de lui rendre hommage dans sa ville natale en lui réservant d’agréables surprises avec des témoignages des amis d’enfance et des personnalités de la profession dont Adib El Amachrafi, Abdelmoumene Abdelaziz et bien d’autres.

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