Audi Q7 4.2 l FSi : Un 4×4 d’exception

Audi Q7 4.2 l FSi : Un 4×4 d’exception

Grâce au système Quattro qu’il a mis au point à l’aube des années 80, Audi s’est forgé, au-delà de son étiquette de constructeur haut de gamme, une forte réputation en matière de transmission intégrale. Curieusement, il a longtemps été absent dans le segment des véhicules tout-terrain, malgré quelques tentatives d’incursion avec son break routier et surélevé qu’est l’Allroad. Mais voilà, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et c’est justement ce qu’a fini par faire le constructeur aux anneaux en créant le Q7, son premier 4×4 haut sur pattes.
Lancé mondialement durant le premier trimestre 2006, le «seigneur des anneaux» a fait, quelques semaines plus tard, une entrée assez remarquée sur le marché national, à l’occasion du Salon Auto-Expo. Quelques jours avant les premières livraisons au Maroc de ce nouveau modèle, ALM a eu le privilège d’être le premier média marocain à pouvoir en faire un essai dynamique. Une formidable expérience à plus d’un titre, même s’il n’a pas été question de quitter la capitale économique et encore moins ses routes bitumées. «Formidable», d’abord parce que le Q7 appartient à une famille de baroudeurs dont le pouvoir de séduction transcende toutes les âmes qui le croisent.
En effet, face au Q7, le passionné de voiture est comblé, le voisin est incontestablement jaloux, la gent féminine est souvent conquise et le manager est assez intrigué, voire peu certain (en fin de compte) sur le remplacement de sa berline… par une autre berline. D’ailleurs, avec ses 5,09 mètres de long, le Q7 s’étire autant qu’une limousine comme l’A8 (5,06 m). Sa hauteur est assez dominante (1,98 m), mais sa largeur (1,74 m) n’atteint donc pas les 2 m d’un colosse comme le Hummer H2. (Il aurait été difficile de parler du Q7, sans faire allusion au gros 4×4 américain).
Mais par rapport à ce dernier, l’allemand -sobriété du design Audi oblige- opte pour des lignes tout aussi tendues, mais nettement plus policées et en tout cas moins cubiques. La face avant adopte l’imposante calandre verticale qui semble comme soutenue par les deux nervures du capot. Les blocs de phares sont profilés, tout comme la ligne du pavillon arquée et plongeante vers l’arrière. A ce niveau, on remarque un hayon vertical dont l’originalité tient notamment au dessin des blocs de feux qu’il intègre.
Dans un registre plus pratique, l’ouverture de ce même hayon se fait électriquement de l’intérieur, via une commande nichée sous sa portière ou même à partir de la télécommande. Encore plus pratique, mais en option sur cette finition de base, la suspension pneumatique à hauteur de caisse variable permet d’incliner la partie arrière du véhicule, histoire d’abaisser le seuil de chargement du coffre. Utile pour introduire des objets lourds. Autre équipement disponible en option, la troisième rangée de sièges escamotables au plancher se déploie en un tour de main pour accueillir deux passagers supplémentaires. Sauf que dans cette configuration 7 places, le coffre qui est l’un des plus volumineux de la catégorie (775 litres) voit sa capacité quelque peu diminuer.
Impossible de pénétrer ou d’évoquer l’univers intérieur d’un véhicule de chez Audi sans remarquer la qualité des matériaux et surtout leur assemblage. La rigueur des accostages des différents éléments et panneaux intérieurs, ici et là, font croire que les ouvriers du constructeur ont une obsession presque maladive pour la perfection. Et le Q7 ne déroge pas à cette règle.
L’ambiance est assez bourgeoise sur ce premier niveau de finition, avec notamment des sièges en cuir Cricket et des placages en bois précieux. La console centrale, très inspirée de celle de l’A6, reçoit diverses commandes, dont celles de la climatisation automatique. Au demeurant, cette dernière est l’une des nombreuses fonctions pilotées par le système MMI (Multi Media Interface), qui se présente sous forme d’un bouton rotatif entouré de quatre touches, le tout pouvant donc gérer plusieurs équipements (autoradio à chargeur 6 CD, réglage de la fermeté de l’amortissement…).
Assis sur un fauteuil confortable, le conducteur peut ainsi «jouer» du MMI tout en croisant sur l’autoroute. Sous le capot de notre version d’essai, le huit cylindres 4.2 l FSi (soit à injection directe d’essence) développe 350 chevaux pour un couple de 440 Nm. Une puissance que le conducteur exploite via une boîte Tiptronic à six rapports, c’est-à-dire automatique avec mode séquentiel. Ce dernier pouvant être piloté soit par impulsion sur le levier, soit via les palettes placées derrière le volant.
Une cavalerie qui ne demande qu’à être sollicitée. Avant même de prendre le large, les premières accélérations au ralenti laissent entendre le «feulement magique» du V8. Presque jouissif pour un passionné…En ville, et dès que le trafic le permet (circulation moins dense et absence de policier dans les parages…), un bon kick-down fait subitement courir ce «pachyderme roulant» qui dépasse les 2.2 tonnes sur la balance. D’ailleurs, sur papier, on apprend qu’avec ce puissant V8, le Q7 peut fuser de 0 à 100 km/h en 7,4 secondes ! Une valeur assez performante pour un 4×4 de ce gabarit. En revanche, et c’est l’un des rares reproches, mais conséquence tout à fait logique, la consommation peut grimper à 19,5 l/100 km en ville. Seule une conduite sur route ou autoroute, et à un régime moteur stabilisé, permet d’abaisser ce seuil à 10,2 l/100 km.
A n’en pas douter, le bitume est bel est bien le terrain de prédilection du Q7. Cependant, ce dernier dispose de réelles capacités de franchissement. Sans s’aventurer en dehors des sentiers battus (nous ne l’avons d’ailleurs pas fait), il suffit de lire sa fiche technique pour s’en convaincre. On y apprend que le 4×4 Audi dispose d’une garde au sol de 20 cm (24 cm avec la suspension pneumatique), d’un blocage électronique de différentiel (EDS) et bien entendu la transmission intégrale Quattro.

Le verdict :
Voilà un 4×4 de luxe qui devrait être pris au sérieux autant par la clientèle que par la concurrence. Convaincant autant par son physique que par ses qualités dynamiques, le plus gros véhicule jamais construit par Audi mérite bien des louanges et son prix qui démarre à 880.000 DH.
Déjà promis à un grand succès commercial en Europe, le Q7 voit se profiler une carrière tout aussi prospère au  Maroc. Selon Loïc Roix, directeur de marque Audi au sein de la Centrale automobile chérifienne (l’importateur des marques Audi, Volkswagen, Porsche et Skoda), une soixantaine de commandes «fermes» ont d’ores et déjà été enregistrées jusqu’ici pour ce nouveau modèle.
A ce rythme, le label Audi devrait pouvoir grignoter suffisamment des parts de marché pour pouvoir clôturer l’année avec un volume record.
Le Q7 était donc la case manquante à un puzzle montrant quatre anneaux forts, capables d’inquiéter les ténors du haut de gamme, Mercedes au passage.

La technique :
8 cylindres en V. 4.163cm3. Injection directe d’essence (FSi) 32 soupapes. 350 ch/440 Nm. Boîte Tiptronic à 6 rapports. 13,6 l/100 km en consommation mixte. 244 km/h en vitesse de pointe.
ABS avec EBV et BAS (répartiteur et amplificateur) + EDS (blocage de différentiel) + ASR (antipatinage) + ESP (contrôle électronique de stabilité). Jantes en aluminium et pneus de 18’’.

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