Benaceur Boulaajoul : Le facteur humain intervient à hauteur de 80% des accidents de la circulation

Benaceur Boulaajoul : Le facteur humain intervient à hauteur de 80% des accidents de la circulation

ALM : Plus de 700 vies ont été sauvées cette année. Comment expliquez-vous cette baisse du nombre des accidents de la route ?
Benaceur Boulaajoul :
Effectivement, l’année 2014 a enregistré une baisse significative de la gravité des accidents de la circulation, avec un recul de 6,04% du nombre d’accidents mortels, de 8,74% des décès et de 14,81% du nombre de blessés graves. Plus de 700 vies ont ainsi été épargnées par rapport au triste record du nombre des victimes de la route enregistré en 2011 faisant plus de 4.200 personnes tuées. Ces résultats positifs qui ont contribué à l’amélioration des indicateurs de la sécurité routière sont le fruit des actions des différents intervenants dans le secteur.

Ainsi, l’année 2014 a été marquée par la diminution du nombre de décès dans des accidents de la route surtout hors périmètre urbain. La sécurité routière nécessite l’implication de tous les acteurs institutionnels, administratifs,  société civile…  Selon l’organisation mondiale de la santé, près de 1,3 million de personnes sont tuées et près de 50 millions sont blessées chaque année à cause des accidents de la circulation dans le monde. Au Maroc, plus de 10 personnes sont tuées et 280 autres sont blessées chaque jour, ce qui montre l’ampleur du phénomène et les conséquences qui lui sont tributaires. Sur le plan économique, les accidents pèsent lourdement sur le budget de l’état avec une perte annuelle d’environ 2% du PIB, ce qui représente entre 14 et 15 milliards de dirhams.

La cause de ces accidents est principalement due au facteur humain. Que faites-vous pour changer le comportement des marocains au volant ?
Vous savez, trois facteurs reviennent souvent dans les analyses pour cerner les principaux facteurs intervenant dans la survenue des accidents de la circulation. Il s’agit de l’homme, le véhicule et l’environnement routier. La contribution est inégalement répartie entre ces trois composantes puisque le facteur humain intervient à hauteur de 80% des accidents de la circulation.  C’est d’ailleurs pour cette raison-là que le Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC) a organisé un séminaire international sur le comportement des usagers de la route les 16 et 17 février à Rabat. Ce séminaire, tenu en partenariat avec la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université MohammedV de Rabat et le Centre national de recherche scientifique et technique, s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée nationale de la sécurité routière 2015. Cette rencontre vise à interroger les registres dans lesquels s’inscrit la question du comportement, en faisant appel aux différentes approches scientifiques.
Avec ce séminaire, nous voulons développer des pistes de recherches et d’actions en matière de sécurité routière.
D’ailleurs, nous publierons les recommandations de ce séminaire.  

La communication constitue un axe stratégique pour améliorer la sécurité routière. Quelles sont vos principales actions pour 2015 ?
Sans conteste, la communication est un pilier incontournable pour améliorer la sécurité routière. Le programme du CNPAC pour 2015 comprend des opérations à caractère communicationnel, éducationnel et de sensibilisation, visant principalement les jeunes et les  catégories dépourvues de protection, en l’occurrence les piétons et les cyclistes. Il comporte plusieurs actions dans le domaine de la communication et de la sensibilisation, axées, entre autres, sur l’exploitation des nouveaux supports de communication multimédias et numérique, la communication sur le terrain, la participation aux grands évènements en plus du partenariat avec les professionnels et les composantes de la société civile. Le CNPAC organisera nombre d’opérations intégrées consistant, en particulier, en l’amélioration de la visibilité pour les chauffeurs de camions en nocturne, des opérations de sensibilisation lors des vacances du printemps, de la campagne d’été, outre l’opération de communication sur le terrain au profit des piétons. Dans le cadre du partenariat avec les professionnels et les acteurs institutionnels, le comité prévoit l’organisation de sessions de formation en matière de sécurité routière, visant les animateurs et moniteurs des auto-écoles, la distribution de brochures relatives à la sécurité routière au profit de plus de 500.000 nouveaux titulaires de permis de conduire et la tenue de la 4è rencontre internationale des associations de sécurité routière, les 13 et 14 mars prochain, en partenariat avec l’Alliance mondiale des ONG pour la sécurité routière.

Cette année, le CNPAC a communiqué à propos d’un nouveau sujet : les inondations. Quelle est votre approche en la matière ?
Face aux drames causés par les pluies diluviennes qu’a connues le Royaume, le CNPAC ne pouvait rester indiffèrent. C’est ainsi que nous avons lancé une opération intégrée de communication et de sensibilisation sur la conduite dans des conditions climatiques difficiles.
Le plan de communication se décline en une panoplie d’activités sur le terrain, initiées en coordination avec la société civile, sur les axes routiers potentiellement menacés par les inondations, en plus d’activités de sensibilisation via les médias nationaux. Cette campagne vise à informer les citoyens de l’état des routes et à sensibiliser les différents usagers de la route aux règles de la conduite dans des conditions météorologiques difficiles et aux risques y afférents. Le comité a également appelé les usagers de la route à s’arrêter au niveau  des points dangereux, à reporter leurs voyages pour éviter toute surprise  pendant les intempéries et à respecter les panneaux de signalisation routière.

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