BMW Série 1 : L’art et les manières

Cela faisait un bon moment que la marque à l’hélice concoctait sa Série 1. Normal ! Car celle-ci aura pour mission de batailler (pour gagner) face à deux grandes pointures : la Volkswagen Golf, référence de la catégorie et surtout, l’Audi A3, son unique rivale premium, c’est-à-dire, haut de gamme. Une tâche plutôt ardue à laquelle, et il faut le reconnaître, la Série 3 Compact n’a pas vraiment été à la hauteur, sur le plan commercial du moins.
Son renouvellement n’est d’ailleurs pas prévu dans le programme de la future Série 3 et ses variantes. Ceci étant, pour la Série 1, les décideurs du constructeur munichois, ont préféré partir d’une feuille blanche, tout comme Chris Bangle, patron du design chez BMW, à qui l’on doit le physique réussi de cette «béhème». Du faciès agressif au hayon savamment sculpté, en passant par des flancs nervurés et (une fois de plus) mélangeant surfaces concaves et convexes, cette voiture revendique un style à la fois affirmé et abouti, en un mot : original !
La face avant conserve la traditionnelle calandre à double haricot, tandis que la poupe arbore un hayon et des feux au dessin déroutant, mais à double intensité d’allumage en fonction du freinage. L’allure générale s’apparente à celle d’un (petit) break de chasse, doté d’un arrière trapu et d’une ceinture de caisse bien relevée.
La ligne de toit basse, autant que les contours profilés contribuent à offrir un Cx de 0,29, soit l’un des meilleurs coefficients de pénétration dans l’air de la catégorie. C’est peut-être curieux, mais il faut reconnaître combien les lignes tendues et acérées de la Série 1 opposent avec brio, autant de tempérament que de personnalité au charme latin de bon nombre de berlines compactes, à commencer par l’élégante Alfa 147. Sauf que le fort de cette Bavaroise, n’est pas qu’une question d’apparat.
La Série 1 a certes le look et l’art d’une BMW actuelle, mais devrait également en posséder les bonnes manières. En effet, plaisir de conduite oblige, la «1» sera l’unique propulsion dans son segment !
Devinez par là que la banquette aura droit au passage de l’inévitable tunnel de transmission et donc à une habitabilité arrière tout juste correcte, malgré la longueur du véhicule (4,23 m). Idem pour le coffre, dont le volume allant de 330 à 1150 litres, s’inscrit dans la moyenne de la catégorie sans plus. En revanche, question présentation, la Série 1 place la barre très haute qu’il s’agisse de la qualité des composants ou du contenu technologique.
Le poste de conduite est ainsi proche des récentes production de la marque, avec notamment une version simplifiée du système i-Drive, ainsi qu’un bouton poussoir pour la mise en marche du moteur. Ce dernier, pourrait bien laisser croire à un éventuel dispositif d’accès et de démarrage main libre, façon carte Renault Laguna. Pour la sécurité, les passagers seront protégées par des airbags frontaux, latéraux et rideaux, tandis que le conducteur aura droit aux aides à la conduite (contrôle de trajectoire, antipatinage, contrôle de freinage en courbe…) pour parer à ses excès d’optimisme. Reposant sur une plate-forme inédite, et dérivée de la future Série 3, la Série 1 s’animera uniquement (du moins lors de son lancement) de mécaniques quatre-cylindres. Sont au menu : les blocs essence 1.6 l de 115 ch et 2.0 l de 150 ch, et en Diesel (common rail), un 2.0 l en deux configurations de puissance: 115 et 163 ch. Toutes ces motorisations seront associées à une boîte manuelle à cinq vitesses, à l’exception du 2.0 l essence qui aura droit à un sixième rapport, ainsi qu’à une boîte automatique. Reste la question que tout le monde se pose : la version M ? Elle n’a, pour l’instant, pas encore été évoquée par le constructeur, mais on imagine mal comment la compacte à l’hélice pourrait ne pas rétorquer à l’Audi S3 ! Il faudra donc s’attendre à une version musclée, animée d’un «six en ligne», qui verrait le jour en même temps que les variantes coupé à deux portes et cabriolet, c’est-à-dire au-delà de 2005.
En attendant, la «petite» béhème s’est vu fixée comme objectif de séduire une bonne partie de la clientèle jeune et huppée, puisque son prix d’attaque se situerait un cran au-dessus des 20.000 euros sur les marchés européens et d’un peu plus de 250.000 DH au Maroc.
De quoi atteindre sans encombre, les objectifs de vente du constructeur qui ambitionne d’écouler quelque 10.000 unités annuellement. Et ce n’est pas pour retranscrire tout l’optimisme qui règne au sein du constructeur munichois, mais gageons que la Série 1 réussira bien son challenge : s’installer au top de la catégorie. Car, quand BMW entreprend la convoitise d’un segment, il n’y échoue pas ! Rappelez-vous lorsque le X5est sorti…

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