BMW Série 5 : le bâton de la joie

BMW Série 5 : le bâton de la joie

Joystick. Définition : [informatique] (nom masculin), dispositif de commande à plusieurs degrés de liberté, en forme de poignet ou de levier, servant à déplacer le curseur d’un écran. Telle est la définition de ce mot lue dans un dictionnaire… Chez BMW, cet anglicisme correspond au levier de vitesses des boîtes automatiques de nouvelle génération, à l’image de celui qui équipe la dernière Série 5. Pourquoi une telle définition comme préambule à notre compte-rendu du présent essai? Tout simplement parce que ce petit levier de vitesses est au cœur des plaisirs qu’apporte cette routière. Au-delà de sa forme et de son aspect avant-gardistes, ce joystick est non seulement pratique d’utilisation, mais surtout synonyme de technologie et d’intelligence (de fonctionnement). Ne serait-ce que parce qu’il est capable de jouer la carte de l’économie, puisqu’il compte, sur toutes les versions de la «5», 8 vitesses ! L’annonce d’un tel chiffre avait fait sensation lors du lancement national de ce modèle en avril dernier, non sans avoir le succès escompté. Car depuis, la nouvelle Série 5 a bien séduit les acheteurs marocains. Environ 130 unités pour un être un peu plus précis. D’un joli succès devrait-on déjà parler. À n’en pas douter, le design extérieur du véhicule y est pour quelque chose. Pour beaucoup même.

• Un coup de crayon modéré
Pourtant, cette nouvelle mouture n’a rien de spectaculaire, ci ce n’est son éclairage de jour, que l’on découvre dès qu’on la déverrouille. Matérialisé par des anneaux lumineux à diodes (LED), cet éclairage diurne apporte, à lui seul, une bonne dose de charisme au véhicule. Les blocs de phares affinés contrastent avec la calandre en double haricot boursouflé et coiffé du logo à hélice. Courte et droite, la poupe est à l’inverse du capot long et incurvé, offrant à cette berline un profil des plus équilibrés. Un profil typiquement bavarois comme en attestent la porte arrière avec sa découpe de custode 100% Hofmeister, ainsi que les nervures qui courent le long des flancs. Mais surtout, c’est sous cet angle qu’apparaissent le mieux les proportions de la «5» et notamment sa ligne de toit basse et sa longueur totale légèrement majorée, mais atteignant désormais 4,90 mètres. Pour une berline statutaire, le style est donc orienté vers le consensualisme. Rien de surprenant, car cela fait un bon moment que la sortie d’une «béhème» ne suscite plus des avis tranchés et encore moins controversés. En gros, la nouvelle «5» se refuse tout excès d’originalité qui rebuterait une clientèle réputée pour son classicisme.

• Un univers, deux mondes
Et c’est aussi pour ce même profil de clientèle que la présentation intérieure a été voulue ainsi, soit un savant mélange entre raffinement et sportivité. La structure horizontale du tableau de bord, qui souligne en fait tout l’habitacle en se poursuivant via le revêtement des portes, sépare harmonieusement les parties supérieures et inférieures. Nappages de cuir, placages en bois et inserts d’aluminium font que l’on est bien à bord d’une voiture de prestige. «C’est trop la classe» comme diraient certains, surtout lorsqu’on démarre l’ensemble et que les diverses commandes du poste de conduite s’illuminent. Le démarrage (par bouton-poussoir) entraîne automatiquement les réglages électriques mémorisés par le conducteur du volant et de son siège. Outre une console centrale légèrement orientée vers le conducteur, le poste de conduite verse aussi dans la sportivité par des éléments comme le volant à trois branches, un siège enveloppant et, bien sûr, le levier de vitesses joystick. À l’arrière, outre un espace aux jambes suffisant, on remarque des diffuseurs d’air et un vitrage pouvant être occulté par des rideaux. La Série 5 soigne les occupants de sa banquette, même si le tunnel de transmission fait que celle-ci est plus destinée à deux adultes qu’à trois. Bien entendu, il est possible de choyer encore plus ces mêmes passagers (arrière) en optant pour un combiné individuel des réglages de climatisation, des écrans DVD montés derrière les appuis-tête avant et même d’une assise chauffante ou ventilée. Sans en disposer, notre modèle d’essai (525d en finition Exclusive Line) avait pourtant bien la fibre technophile.

• Le bâtonnet du bonheur
Mais lorsqu’on est à bord d’une telle berline, c’est à la place du conducteur qu’il fait le plus d’y être. Celui-ci, bien calé dans son fauteuil et face à un cockpit des plus ergonomiques, est celui qui savoure le plus la nouvelle Série 5. Et c’est avec le joystick qu’il commence à faire bouger ce salon roulant avec plusieurs libertés. D’abord, celle de rester en automatique, ou de switcher vers le mode séquentiel. Par impulsion sur le joystick ou via les palettes du volant, libre à lui de passer les vitesses jusqu’à la huitième! Un véritable appel du désert autoroutier, cette 525d… Il y a ensuite la possibilité d’une conduite coulée, histoire de savourer la douceur et la progressivité de cette même boîte auto ou de réveiller et fouetter la horde de chevaux (204 précisément) pour apprécier le couple élevé (450 Nm) et les fortes montées en régime. Puis il y a le choix entre trois modes de conduite : «Confort», «Normal» et «Sport». Le premier gomme sensiblement les imperfections de la chaussée. Il est donc idéal en conduite urbaine. Le second offre un tarage plus ferme des suspensions et partant, un amortissement remarquablement réussi sur les longs trajets, fussent-ils sinueux. Encore plus caractérisé, le mode «Sport» s’avère un régal par la haute précision de sa direction, par le répondant accru du moteur et par la réactivité de la boîte en mode séquentiel. Seul bémol : il déconnecte le contrôle dynamique de stabilité (DSC III). Conducteurs débutants s’abstenir… Autoroutière authentique et accomplie, cette 525d est aussi un bijou en ville. Ne serait-ce que parce qu’elle ne consomme que 7,7 l/100 km (en cycle urbain) si l’on s’en tient aux données du constructeur. Mais c’est surtout une voiture assez bardée de sophistications de confort, dont un climatiseur automatique bizone, une installation Bluetooth, un système hi-fi à 10 HP (avec interface USB et chargeur 6 DVD), le régulateur de vitesse avec fonction freinage, une caméra de recul, un capteur de crevaison…
Bien entendu, cette BMW peut aussi recevoir une flopée de gadgets high-tech tels que l’affichage tête haute, le système d’aide au stationnement intelligent (Park Assist), les caméras de proximité (Surround View et Side View), et même des écrans DVD/télé aux places arrière. Mais attention, à coups (et coûts) d’options, la facture devient très vite salée. Car, si elle démarre à 587.000 DH, cette 525d passe vite le cap des 700.000 DH, comme c’est le cas de notre modèle d’essai (Exlusive
Line), facturé à 739.000 DH. Tout de même.

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