Bugatti : La plus sportive des françaises

Bugatti : La plus sportive des françaises

Jugée ringarde dans les années 60, Bugatti est désormais la marque française la plus renommée. Son passé sportif a d’ailleurs contribué à cette notoriété, avec la conduite de nombreux pilotes, tels que Jean-Pierre Wimille ou encore Maurice Trintignant.  Les productions d’Ettore Bugatti n’ont pas toujours été aussi convoitées. Dans les années 60, beaucoup de casseurs ont récupéré ces vieilles voitures passées de mode. Certaines d’entre elles ont alors définitivement disparu. Aujourd’hui, il existe cependant un risque de restaurer plus de Bugatti qu’il n’en a été construites au départ ; les stocks de pièces récupérées laissent deviner des restaurations à partir d’enjoliveurs ou de volants !
Quoi qu’il en soit, les réalisations de la marque s’apparentent à de véritables œuvres d’art. Il n’y a qu’à voir le moteur en aluminium bouchonné avec ses tracés rectilignes qui laissent penser qu’Ettore ne disposait pas de compas dans son attirail de dessinateur. Non conformiste, cet homme interdisait les marteaux dans ses ateliers. Le carrossage positif de l’essieu avant est une autre particularité de ces productions.
Ettore Bugatti a réalisé sa première voiture en 1898. Le jeune ingénieur propose alors ses services à de grandes marques, telles que De Dietrich (1902), Mathis (1904), Deutz, et Peugeot. La Bébé Peugeot et la Hermès de Mathis sont des héritières de ces partenariats. En 1910, dans l’Alsace alors annexée par l’Allemagne, il a construit ses propres voitures, essentiellement destinées à la compétition. Il a entamé à Molsheim la production de la type 10. Inspiré par le cheval, c’est bien évidemment le fer à cheval qui est choisi pour représenter les radiateurs des Bugatti et de ce fait donner le style à la production à venir. En 1912, c’est le début de la notoriété de Bugatti. Des moteurs de plus en plus gros sont conçus. Le 4 cylindres de 5 l s’est attribué une grande partie des 40 victoires en quatre ans. Pendant la guerre de 1914-1918, Bugatti a enterré ses moteurs dans la cour de l’usine afin qu’ils ne profitent pas à l’ennemi qui vient de franchir la frontière. A la fin de la Grande guerre, après avoir pensé un moment à fabriquer un avion, Bugatti reprend la production des voitures de course. Certains véhicules, tels que la type 28 de 1921 ou la type 35 de 1924, ont été proposés aux particuliers et ont aidé à l’essor de la marque. En version A, B ou C, avec ou sans compresseur (adopté dès 1926), la 35 a ainsi glané plus de deux mille victoires dans diverses courses mondiales, et de ce fait faire entrer Bugatti dans l’histoire.
Ettore Bugatti attachait également une grande importance à l’esthétique, alliée à la technicité. La recherche du beau s’appliquait ainsi aux tambours, jantes, moteurs, compresseurs en aluminium coulé et rectifié, mais aussi aux capots délimitant franchement, et étroitement, l’espace dévolu aux moteurs. Des techniques de pointe ont été utilisées.
Le prestige n’était pas en reste : l’étude de la type 41 ou Royale en 1926 a débouché sur le lancement d’une série de 25 exemplaires censés être vendus comme voitures d’Etat. Seulement six authentiques Royales ont été produites, ne laissant que peu de chance aux plus grands carrossiers de l’époque qui rêvaient d’habiller une voiture aussi emblématique. Cette débauche de luxe était un échec commercial, accentué par les problèmes de mise au point rencontrés par les clients. En 1933, afin d’écouler les stocks de moteurs de Royale, la branche ferroviaire de Bugatti a produit 80 automotrices rapides. Certains de ces prototypes ont bénéficié de quatre moteurs simultanément. En 1937, la création de la SNCF a mis fin à l’aventure ferroviaire de Bugatti. Mais le domaine nautique n’était pas en reste: cette même année, sur la Seine, Bugatti battait le record de vitesse sur l’eau en dépassant les 133 km/h avec l’un de ses canots.
Alors que Jean, le fils d’Ettore, a commencé à intervenir dans la vie de l’usine, en 1927 est sortie la type 44. La type 43, plus sportive, permettait d’emmener 4 personnes à 170 km/h, mais la dernière voiture d’Ettore a été la type 46 ou «petite royale» équipée d’un huit cylindres de 5,3 l. En 1936, Jean a pris le contrôle de l’entreprise familiale. Réquisitionnée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, confrontée à l’Etat français à l’Armistice à cause de la nationalité italienne d’Ettore Bugatti, l’entreprise a été autorisée, malgré le plan Pons, à produire 25 voitures de course. Elle n’a repris la production de voitures de tourisme qu’en 1947. Ettore meurt la même année, après avoir récupéré son entreprise. Il a laissé les commandes à son fils Roland et à l’ancien pilote Pierre Marco. Les deux hommes ont relancé les études, mais ont connu quelques difficultés. En 1960, la type 101 et la 102 on été présentées pour sauver la marque.
Mais depuis son rachat par le Groupe Volkswagen, la plus sportive des françaises n’a plus de souci à se faire.

Historique :

• 1898 : Ettore Bugatti réalise sa première voiture.
• 1912 : C’est le début de la notoriété de Bugatti dont la type 13 remporte beaucoup de victoires.
• 1921-1924 : Certains véhicules, tels que la type 28 ou la type 35, sont proposés aux particuliers pour aider à l’essor de la marque.
• 1930 : La transmission intégrale est adoptée mais pour la compétition uniquement.
• 1936 : Jean prend le contrôle de l’entreprise familiale
• 1963 : Hispano-Suiza a fini par absorber Bugatti
• 1998 : Ferdinand Piëch acquiert pour le compte du groupe Volkswagen la marque française, qui redevient allemande

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