C-SportLounge : Le monospace de demain

C-SportLounge : Le monospace de demain

Originale initiative que celle de Citroën-Maroc (Sopriam), qui, à l’initiative de la marque aux chevrons, a convié deux médias marocains pour découvrir et essayer son dernier concept-car, le C-SportLounge. Originale, car rares sont les opportunités offertes aux journalistes pour approcher de trop près ce type de véhicule et encore plus, le conduire.
Et c’est ce qu’a pu faire ALM, il y a quelques jours, sur un circuit situé à Versailles, non loin de Paris et plus précisément, sur la piste d’un centre d’essai appartenant à l’armée française. A notre arrivée sur les lieux, on est accueillis par Madame Gro Hoeg, une aimable responsable dans la « division Communication» de chez «Automobiles Citroën», qui nous briffe un peu sur l’étude de style que l’on allait promptement découvrir. Car, au loin, on voit apparaître un «ovni de route», couleur jaune canari, effectuant quelques tours de piste.
Enfin, le voilà ce C-SportLounge ! Magnifique, surprenant, sculptural… Que de qualificatifs pourrait-on user pour qualifier, à première vue, ce remarquable engin au look résolument futuriste. Nous voilà donc devant cette merveille, crayonnée par un certain Mark Lloyd. Ce Britannique est l’un des designers opérant sous la houlette de Jean-Pierre Ploué (l’actuel patron du style Citroën), mais il est plus exactement «responsable du Design Avancé» au sein de la marque.
Elaboré à partir du châssis d’une C4, le C-SportLounge se situe à mi-chemin entre un véhicule monocorps et un coupé sportif à quatre portes. Il est assez long (4,5 mètres), mais très haut (1,52 m), du moins par rapport aux monospaces existants. Sa face avant prend un air déterminé, caractérisé par une bouche béante et entourée de deux ouïes d’air profilées et appuyée par de longs projecteurs au regard incisif.
La poupe ne manque pas d’audace non plus. Outre la chute accentuée du pavillon et deux sorties d’échappement chromées, on y perçoit un hayon trapu intégrant une petite lunette, ainsi que des feux en forme de boomerang et à diodes électroluminescentes. Comme à l’avant, la signature du double chevrons est réalisée sur une surface épurée, ce qui la met bien en valeur. Mais c’est surtout de profil que ce «proto» se veut le plus spectaculaire.
En effet, on est subjugués par sa ceinture de caisse assez haute, qui subit un décrochement au niveau de la découpe des portières arrière. Idem pour la ligne de toit arquée et s’interrompant soudainement pour délimiter les montants de custode. L’ensemble repose sur de gigantesques roues de 20 pouces, chaussées par des pneus spécifiquement développés par Michelin. Autre prouesse architecturale, la géométrie formée par la ligne de chrome qui, tel un long sourcil, démarre au-dessus des phares, compose une partie de la ligne de caisse, puis remonte jusqu’au pavillon en guise de montant de portière (avant).
A lui seul, ce détail confère au C-SportLounge toute la sportivité et l’originalité qu’il revendique. Cela, d’autant plus que ce placage de chrome, tout comme celui situé sur le bas des portières, parachève de souligner le caractère exclusif de la carrosserie.
Au-delà de ses lignes fluides et de son dynamisme esthétique C-SportLounge est, selon les responsables de la marque, «une nouvelle interprétation du véhicule de grand tourisme en phase avec l’évolution du plaisir automobile». Une affirmation pas si pompeuse qu’elle n’y paraît, surtout lorsqu’on pénètre à l’intérieur du véhicule. Entre-temps, les explications d’Emmanuel Laforêt, responsable des prototypes au sein de la marque avaient déjà commencé. Il nous apprend que la conception du C-SportLounge a tout juste nécessité quatre mois, mais a englouti environ 2 millions d’euros.
Colossal ! Cela ne nous empêchait pas de poursuivre notre propre descriptif. Plus que léchée ou embourgeoisée, la présentation intérieure se veut futuriste et encore plus high-tech que la ligne extérieure du véhicule. Un véritable «cocon spatial», auquel on accède facilement, du fait de l’absence de pied milieu, d’autant plus que les portières arrière sont à ouverture inversée. Encore fallait-il découvrir où étaient camouflées leurs poignées (sur la largeur intérieure des portières). Sous un toit vitré, quatre personnes peuvent prendre place, sur des sièges généreusement nappés de cuir et au dessin presque orthopédique, qui épousent leur morphologie.
Des sièges séparés par un imposant tunnel central, qui reçoit diverses commandes. Mais celles-ci ne sont que factices, puisque le C-SportLounge n’est qu’un prototype. C’est ce qu’explique notre ami Emmanuel, qui rappelle aussi la noblesse des matériaux utilisés dans l’habitacle et le traité «mécanique» du poste de conduite. Ce dernier est fortement inspiré de l’aéronautique, jusqu’à ressembler à un cockpit d’avion. L’instrumentation, comme la plupart des indicateurs, se matérialise à travers des cadrans à aiguilles placés dans des blocs translucides à fond jaune. Le traitement et l’agencement des diverses commandes sont des plus particuliers : écrans de navigation dédiés au conducteur, bouton-poussoir de démarrage sur le pavillon, commandes rotatives en aluminium de la climatisation bi-zone sur le tunnel… 
Bref, le C-SportLounge plonge très vite ses occupants dans une ambiance quasi-surréaliste. En revanche, tel n’est pas le cas de sa motorisation, en l’occurrence le 2.0 litres HDi de 138 chevaux qui anime déjà des véhicules du groupe PSA (Peugeot-Citroën). Grand moment d’émotion, lorsqu’on passe au volant pour effectuer quelques tours de pistes avec le C-SportLounge. On est fier d’avoir conduit un prototype, mais on ne peut nier une petite déception. Car, il s’agit certes d’un Diesel moderne, associé à une boîte automatique à six vitesses et à un filtre à particules… mais, on aurait souhaité une mécanique aussi avant-gardiste que l’esprit même du véhicule.
A cela, le responsable des prototypes chez Citroën oppose un joli sourire, va enclencher une commande, puis nous amène à l’arrière du véhicule. On voit soudainement un aileron se déployer en biais sous le porte-à-faux arrière du véhicule. M. Laforêt nous explique alors que cet aileron mobile, qui s’actionne par un vérin, joue deux rôles aérodynamiques. Dans une première hypothèse, lorsque le véhicule est à plus de 90 km/h, l’aileron se déploie légèrement pour améliorer les caractéristiques de portance (Cz) et contribuer à la stabilité du véhicule à haute vitesse.
Puis, dans ce dernier cas, il peut s’étendre encore plus bas, intervenant en cas de freinage d’urgence pour créer de l’appui et stabiliser ainsi le véhicule, jouant ainsi un rôle d’aérofrein. C’est de l’«aérodynamique active», à l’image du spoiler qui remonte à l’arrière d’une Porsche 911, mais interprété ici de façon plus recherchée. C’est d’ailleurs un créneau de recherches pour les ingénieurs de la marque aux chevrons.
En plus de cet artifice, le C- SportLounge profite aussi de conduits aérauliques de part et d’autre de son bouclier avant. Ces derniers rejettent un flux d’air dans les passages de roues avant et créent un carénage virtuel. Que d’éléments techniques qui permettent à ce concept-car d’afficher d’excellentes performances aérodynamiques : un Cx de 0,26 et le Cz arrière de 0,02. Un exploit au vu de la massivité du véhicule qui confirme son dynamisme au-delà de son look. Malgré toute l’ambiguïté qu’il peut entretenir quant à son avenir et du fait de son statut (celui de concept-car), le C-SportLounge cacherait en lui les gênes du futur monospace compact de la marque aux chevrons. Celui-ci, selon les responsables précités, serait présenté l’an prochain. Du coup, s’il présente une plastique et un contenu aussi proches et flatteurs que ceux du C-SportLounge, le remplaçant de l’actuel Picasso serait alors une sacrée salve lancée envers l’éternel rival de chez Renault, le Scénic.
En attendant et ce qui reste sûr, c’est que Citroën a bel et bien reconquit son image de constructeur avant-gardiste.

• DNES à Paris Jalil Bennani

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