Carlos Ghosn : Comment le Groupe Renault s’est installé à Tanger

Carlos Ghosn : Comment le Groupe Renault s’est installé à Tanger

«Tout cela est parti d’une volonté politique du Maroc et de ses dirigeants de devenir une grande puissance dans l’industrie automobile et du fait que nous ayons saisi cette opportunité».

Renault a clairement affiché ses ambitions de développer sa coopération avec le Maroc dans le domaine de l’industrie automobile. En témoigne la présence remarquée dans le pays de Carlos Ghosn, président-directeur général du Groupe Renault-Nissan, qui a déclaré lors de la World Policy Conference qui s’est déroulée à Rabat du 26 au 28 octobre 2018 : «Quand il y a une bonne coopération entre un groupe industriel et un pays dans un sens où le pays assure la compétitivité, l’industrialisation et assure l’emploi, on peut faire beaucoup de bonnes choses».

Tout en espérant donc pérenniser la présence de Renault au Maroc, il est revenu sur l’historique de cette coopération expliquant que l’hypothèse de Tanger est venue en 2006-2007. A l’époque, Renault cherchait à augmenter ses capacités en Roumanie où elle fabriquait des voitures à des prix abordables, dit-il. Le Groupe avait donc envisagé la possibilité d’augmenter ses capacités en Roumanie, en Turquie ou en Slovénie. C’était les trois sites que le groupe était en train d’étudier. A ce moment, Driss Jettou, qui était Premier ministre, s’est entretenu avec Carlos Ghosn lui affirmant que le Maroc est capable d’assurer cette augmentation de capacité. «Le Maroc à l’époque n’avait aucune tradition forte dans l’industrie automobile», explique le PDG en précisant que M. Jettou lui a assuré que le pays était prêt à remplir toutes les conditions pour que cela se fasse.

«Nous avons travaillé pendant 4 ou 5 mois. Le projet de Tanger est né. Il produit actuellement 340.000 voitures par an. La première usine d’Afrique exporte 80% de sa production, transformant le Maroc en une puissance de l’industrie automobile. Nous allons avoir une capacité de production de 500.000 voitures par an faisant du pays l’un des principaux pôles de production de Renault. L’industrie automobile est devenue le premier secteur exportateur du pays». Et de poursuivre : «Tout cela est parti d’une volonté politique du Maroc et de ses dirigeants de devenir une grande puissance dans l’industrie automobile et du fait que nous ayons saisi cette opportunité». Les ambitions du groupe au Maroc ne s’arrêteront pas là puisqu’il y a deux jours le constructeur a annoncé le doublement de capacité de la Somaca qui va passer de 75.000 à 150.000 voitures.

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