Clio III : une future référence

Clio III : une future référence

C’est à Paris, aux abords de la Seine et devant quelques centaines de journalistes, issus de 32 nationalités, que le directeur général adjoint de Renault, Patrick Blain, a levé le voile sur la troisième génération de la Clio. Un véhicule complétement inédit, avec lequel la marque au losange compte revoir sensiblement ses ambitions commerciales et perpetuer le succès de l’actuelle Clio.
Quelque peu avant la révélation, s’était tenue une conférence de presse qui a vu la diffusion par video d’une courte allocution du nouveau patron de Renault, Carlos Ghosn. «J’ai toutes les raisons de penser que cette troisième génération de Clio poursuivra la belle saga commencée en 1990 et viendra conforter la place historique de Renault sur le segment des petites voitures», a-t-il déclaré. Cette nouvelle Clio, qui est officiellement la première voiture présentée sous l’ère du P-dg Ghosn, intervient 15 ans après l’apparition de la première génération du modèle du même nom. Et depuis en 1990, plus de 8,5 millions de Clio ont été fabriquées, dont plus de 4,5 millions pour la deuxième génération. De plus, cette citadine représente à elle seule près d’un tiers des ventes de Renault. Du coup, remplacer un tel best-seller est un exercice extrêmement délicat. Pourtant, il n’a fallu que 28 mois pour développer cette future remplaçante de la Clio II qui, elle, en avait nécéssité 49. Non pas que les ingénieurs aient baclé leur travail, mais ils ont tout simplement profité de la nouvelle plate-forme «B» qui avait déjà été développée pour le compte du petit monospace Modus, ainsi que la Micra. Autrement dit, Renault commence à toucher les fruits de sa stratégie de plates-formes communes avec Nissan. Une politique permettant non seulement des économies d’échelles, mais aussi un gain de temps.
Et esthétiquement, le résultat est plus qu’intéressant. L’allure générale se veut plus musclée et plus virile. La face avant adopte des phares anguleux et remontant vers le haut et dont le contour intérieur dicte la découpe du capot. La calandre en forme de moustache s’harmonise avec la large prise d’air du bouclier et parachève de donner un regard agressif à l’auto. Les hanches plus soulignées et la ceinture de caisse haute suggèrent à la fois robustesse et dynamisme. Encore plus réussie, la partie arrière ne manque pas de style, avec notamment une lunette incurvée en «V», des feux en amande profilés et, comme effet de style, une nervure horizontale qui traverse le long du hayon. Bref, affichant plus de lignes tendues que de rondeurs, la Clio III semble plus capable de séduire une clientèle masculine.
Autres remarques, mais sur le papier cette fois, où l’on remarque que la nouvelle Clio s’adjuge des dimensions extérieures plus généreuses que celles qu’elle remplacera, et ce, à tous les niveaux : + 17,4 cm en longueur, + 6,8 cm en largeur et + 6,3 cm en hauteur. Ceci étant, bien que plus haute, l’auto bénéficie d’un centre de gravité bas. Notre premier contact avec le véhicule confirme une habitabilité en net progrès, d’autant plus que Renault annonce un empattement allongé de 10 cm. A son tour, le volume du coffre passe à 288 litres, soit 30 de plus. C’est clair : la petite fourmi de Renault a bel et bien pris des vitamines et du galon…
Il n’y a qu’à voir aussi ses nouveaux équipements. Certes, au cours de sa présentation à la presse, la Clio III n’a pas révélé ses configurations d’équipement définitives. Ceci étant, les responsables de Renault n’ont pas manqué de rappeler ce qui la distinguera par rapport à la concurrence. On note ainsi l’apparition du système d’accès et de démarrage par carte (sans clé), ce qui est encore rare à ce niveau de gamme. Idem pour l’aide au stationnement, le capteur de pluie, ou encore le détécteur de crevaison. Encore plus exclusif, la disponibilité (pour coup sûr en option) des phares au xénon à éclairage directionnel actif dans les virages constitue véritablement une première mondiale dans ce segment. A croire que la «petite» Renault cherche à titiller la Mégane… Au demeurant, l’habitacle dégage une meilleure qualité perçue. Stylé par Patrick le Quément, le responsable du design chez Renault, il ne manquera pas de séduire par sa présentation sobre et épurée, ainsi que ses matériaux doux au toucher.
Au chapitre technique, on apprend que la Clio hérite de quelques organes de sa sœur Mégane, à l’instar des trains roulants. La palette des motorisations se veut bien plus étoffée qu’actuellement, avec pas moins de six motorisations, dès le lancement. En effet, sans compter le moteur de la version sportive RS, dont rien n’a filtré d’ailleurs, on pourra choisir entre les 1.2 16v (75 ch), 1.4 16v (100 ch) et 1.6 16v (110 ch) en essence, ainsi qu’entre l’une des trois puissances du Diesel 1.5 dCi (70 ch, 85 ch ou 105 ch). Pour veiller à un meilleur comportement dynamique, les concepteurs ont, là encore, prévu toute une panoplie de systèmes habituellement résérvés aux berlines du segment supérieur. De série, la Clio III recevra un ABS Bosch 8.0 avec répartiteur de freinage (EBV) et assistance au freinage d’urgence (AFU), tandis que le catalogue des options proposera le contrôle dynamique de stabilité (ESP), l’antipatinage (ASR), ainsi que le contrôle de sous-virage (CSV). Les airbags, eux, peuvent aller jusqu’au nombre de 6, protégeant tête et thorax des occuppants.
On l’aura compris, c’est la rigueur, l’innovation et la volonté de mieux faire qui ont prévalu au développement de cette nouvelle Clio. Normal, puisque les enjeux commerciaux sont plus que stratégiques. D’ailleurs, durant la même conférence de presse et bien avant de répondre aux questions d’ALM (voir entretien page ci-contre), M. Blain affirme que «le Maroc reste un marché fondamental pour Renault». Et pour cause, c’est un marché où la part du segment B (celui des citadines) est d’environ 14,5%, dont 9,6% reviennent à Renault grâce à la Clio. Reste deux questions : d’une part découvrir si cette troisième génération pourra mieux faire sur le plan dynamique que sa devancière et d’autre part l’inconnue des prix. Pour la première, le rendez-vous est donné à la mi-septembre, date à laquelle la presse internationale (y compris ALM) mettra la Clio III à l’épreuve de la route. Quant aux tarifs, ils seront révélés durant le premier semestre 2006, au moment de la commercialisation de Clio III au Maroc.

DNES à Paris Jalil Bennani

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