Coccinelle, ou la naissance de Volkswagen

Coccinelle, ou la naissance de Volkswagen

«Une petite voiture capable de transporter quatre personnes, quelques bagages et dont le coût ne dépasserait pas 1000 marks», telle était la volonté d’Adolphe Hitler. Ce dernier voulait en effet une grande série de petites voitures pour motoriser le peuple allemand. Et, c’est au Docteur Ferdinand Porsche que sera confiée cette mission, alors que l’on est en pleine dépression économique suite à la crise de 1929. D’où un cahier des charges imposé par Hitler qui mentionnait, en plus des caractéristiques déjà citées, un véhicule allant au moins à 100 km/h, ne consommant pas plus de 10 litres d’essence aux 100 km et surtout ne coûtant pas plus de 1000 Deutsch Marks. Sans doute voulait-il aussi donner au monde l’image d’un pays où même l’ouvrier disposait d’un standing de vie lui permettant d’acheter une voiture.
Cette tâche n’était pas des plus faciles certes, car le prix moyen d’une automobile familiale était d’environ 3000 Marks, mais Porsche voulait relever ce défi. Malgré la quasi-impossibilité de respecter le cahier des charges, le Dr Ferdinand et son équipe se mirent au travail et réalisèrent trois pauvres prototypes, fabriqués à la main, recouverts d’une méchante couche de peinture cachant à peine les bosses de la carrosserie. Ces prototypes étaient construits à l’usine de Wolfsburg, avec pour emblème : VW pour «Volkswagen», qui signifie en allemand la «voiture du peuple». Motorisés par un quatre-cylindres à quatre temps, refroidis par air et cubant 995 cm3, ces prototypes rouleront nuit et jour sur les routes d’Allemagne jusqu’au 22 décembre 1936.
Ils s’avèrent probants comme le note le rapport d’essais : «La performance générale des trois prototypes durant le test des 50 000 km imposé a été satisfaisante». Le moteur de la voiture va évoluer par la suite. Puis en 1938, Ferdinand Porsche présente officiellement sa Volkswagen à Hitler, qui lui donne le nom bizarre de KdF-Wagen, Kraft durch Freude, une appellation signifiant «la force par la joie». Le véritable départ de la Volkswagen sera le mois de juillet 1949. Heinz Nordhoff, le nouveau directeur de l’usine de Wolfsburg, relance la VW à travers une série de mesures choc. La KdF devient alors la Coccinelle, qui de succès en succès, deviendra la voiture la plus vendue au monde. Mais ce n’est qu’après la chute du régime nazi (qui l’a fait naître) que la Coccinelle a commencé à se développer pour partir conquérir le monde. Au fil des ans, elle subira de nombreuses évolutions, surtout au niveau du moteur dont la cylindrée fut constamment accrue pour atteindre une valeur de 1600 cm3. La simplicité et le bon caractère de l’auto furent sans doute l’un des moteurs essentiels du succès mondial de la Coccinelle.
En 1978, l’Allemagne arrête définitivement la production de la Coccinelle, mais la poursuit en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. Mais c’est au Mexique où la production y sera maintenue le plus longtemps jusqu’au 30 juillet 2003. Une date qui marque la fin de la production de la Coccinelle dans le monde après 70 ans d’existence et 21 millions d’exemplaires produits. Sa descendante, la New Beetle rencontre un succès commercial aux Etats-Unis et au Canada, mais reste loin de l’engouement spectaculaire connu par son aïeule, la Cox comme la surnomment tendrement ses nombreux fans.

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