Coupé 407 : Plaisir découplé

Coupé 407 : Plaisir découplé

Qui ne se rappelle pas du fameux coupé Peugeot 406 ? Ce magnifique coupé, portant sur ses flancs la griffe du grand designer Pininfarina, circule d’ailleurs encore sur nos routes et ne semble pas avoir pris une ride. Mais parce que chaque berline a droit à son coupé, c’est au tour de la 407 de faire fi du sien. Il s’agit de la 14ème génération de coupé que les responsables de la marque au lion présentent donc comme une descendance du «patrimoine génétique de Peugeot». En gros, cela veut dire que le coupé est une institution chez Peugeot.
Mais pour la conception de ce coupé, dérivé de la berline 407, Peugeot a plutôt fait confiance à ses propres designers qu’aux talents du styliste italien. Et le résultat n’est pas plus mal. Il est même réussi. Reposant sur la même plate-forme que la berline, le coupé 407 en reprend aussi quelques traits, à l’image de la large prise d’air au bouclier indentifiable au premier coup d’œil et correspondant à une gueule de lion grande ouverte. Pourtant, et c’est la vérité, seuls les rétroviseurs ont été empruntés à la familiale.
En effet, que ce soit le long capot, les blocs de phares effilés, ou encore le vitrage latéral (en verre feuilleté) et la calandre… tous ces composants sont spécifiques à cette déclinaison coupé. En toute évidence, la différenciation se fait surtout de profil et vue d’arrière. On remarque tout d’abord un pare-brise très incliné tout comme la lunette vers laquelle il évolue via une ligne de toit abaissée.
Stylée avec goût, la malle arrière reçoit des feux inédits et un becquet intégré, histoire d’améliorer les performances aérodynamiques. A ce titre, Peugeot annonce un Cx (coefficient de pénétration dans l’air) de 0,30. C’est là une valeur assez moyenne, lorsqu’on sait qu’une familiale japonaise comme la Honda Accord profite, elle, d’un joli petit 0,26. Cela dit, le coupé 407 fait bien mieux que celui qu’il remplace et qui, lui, affichait honteusement un Cx de 0,41. Pour le reste et dans sa quête de sportivité, le coupé de la marque sochalienne affiche des écopes latérales sur les côtés des boucliers avant et repose sur des roues de 18 pouces, voire 19 en option, ce qui est une première chez Peugeot.
Et en parlant de mesures, il faut savoir qu’en s’étirant à 4,82 m, le coupé 407 est plus long de 20 cm par rapport à celui qu’il remplace (le coupé 406), mais dépasse également la berline d’environ 14 cm (en longueur toujours). De quoi glaner de précieux centimètres en matière d’habitabilité. D’ailleurs, cela est bien perceptible lorsqu’on s’installe sur la banquette, qui offre une longueur aux jambes généreuse et un espace aux coudes en nette amélioration par rapport au coupé 406. Le tout permet ainsi à ce coupé de mériter pleinement son étiquette de véritable «2+2».
A l’intérieur toujours, la présentation comme le niveau d’équipement sont assez embourgeoisés. Là encore (et comme pour son habitabilité), le coupé 407 montre bien à ses occupants qu’il a le sens de l’accueil. A commencer par le somptueux nappage en cuir qui habille autant les sièges que le tableau de bord. Un revêtement qui correspond à «Cuir intégral»… sur le catalogue des options.
Ceci étant, l’équipement de base se veut d’emblée riche : climatisation automatique à deux zones, autoradio CD, projecteur bi-xénon, détecteurs de crevaison, régulateur de vitesse, rétroviseurs rabattable électriquement… Cela, sans oublier les systèmes d’aide de sécurité active (ABS avec amplificateur de freinage AFU, ESP…), ni la foison d’airbags (frontaux, latéraux, rideaux et de genoux côté conducteur) qui préserve les occupants en cas d’accident.
Ceci étant, si elle revendique pleinement son esprit GT sur certains registres, cette variante de la 407 n’en est pas vraiment une (de GT) sur le plan mécanique. Elle est plus à considérer comme «dynamique», plutôt qu’une authentique sportive. Car, sous son capot, point de gros V8 ou de surpuissant V10 à l’image des productions allemandes ou américaines.
Peugeot ne dispose pas de ce genre de gros cubes et n’a pas l’intention d’en développer dans le court terme. «C’est trop coûteux et en tout cas pas dans nos priorités», fait comprendre José Mailhé, directeur des «Informations techniques» chez Automobiles Peugeot. Qu’à cela ne tienne, les deux V6 qui animent le coupé 407 (en attendant la disponibilité de moteurs quatre-cylindres) se sont avérés largement suffisants pour offrir l’agrément de conduite attendu. Il s’agit des 3.0 litres essence de 211 ch et 2.7 l HDi de 204 ch, qui offre lui un couple élevé de 440 Nm. Deux mécaniques pouvant être assocciées à une boîte mécanique à six rapports ou à une transmission automatique Tiptronic 6 (avec mode séquentiel). Et c’est sur des routes tortueuses, dans les environs de Grenade, que l’auto a été testée par la presse internationale (ALM inclus). Des kilomètres avalés au gré des accélérations et ayant permis de déceler toutes la qualités dynamiques de cette Peugeot.
A commencer pas son excellente tenue de route (point fort sur toutes les Peugeot), servie par son bon châssis (rabaissé de 4,4 cm) et l’efficacité de ses trains roulants. A ce titre, on remarquera la disponibilité (sur ces versions V6) de l’amortissement piloté, qui gère la fermeté des suspensions en fonction des conditions de roulage.
Fraîchement commercialisé en Europe, le coupé 407 arrivera au Maroc au courant du prochain semestre. Il sera probablement l’attraction majeure du stand Peugeot lors de l’Auto-Expo 2006. Mais à coup sûr, il constituera un plus en termes d’image pour la marque au lion.

• DNES à Grenade Jalil Bennani

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