Dacia Logan : La fausse affaire “L”

Dacia Logan : La fausse affaire “L”

Après l’affaire Vel Satis, on a failli voir naître l’affaire Logan ou l’affaire «L». Mais attention, cette dernière n’a rien à voir avec la campagne de teasing, qui préfigurait le lancement commercial de cette voiture au Maroc. Plus précisément, la nouvelle Dacia s’est retrouvée au cœur d’une polémique, après s’être retournée sur le toit, lors d’un test d’évitement effectué par un pilote de l’ADAC.
Pour ceux qui ne connaissent pas ce dernier, l’ADAC est un club automobile allemand assez réputé, dont l’une des missions est de passer au banc d’essai les véhicules nouvellement lancés sur le marché local ou en Europe. Réputé, oui, mais apparemment pas si implacable qu’il n’en a l’air. Car, au lendemain de la publication sur son site de clichés montrant la Logan, en pirouette et sur son toit, ledit club s’est, quelques jours plus tard, rétracté. Et pour cause, il s’est avéré que la Logan avait parfaitement réussi ses manœuvres, en fonction des normes classiques, des fameux tests de l’élan et de la baïonnette.
Que s’est-il passé ? Les responsables de l’ADAC avaient tout simplement décidé de refaire les mêmes tests, mais cette fois sur une piste plus éclairée et avec une Logan chaussant une roue de secours. Très maladroit de la part de l’ADAC, au même titre d’ailleurs que son pilote, dont le comportement était plutôt trop risqué.
Du côté de Renault, les responsables (surtout ceux du projet Logan) se disent surpris, mais se montrent confiants quant à la fiabilité du produit. Car, à l’instar des autres modèles du groupe, la Logan a subi un bon nombre de tests sévères lors de son développement. En outre, le constructeur au losange n’a pas manqué de rappeler que plusieurs journalistes ont déjà effectué ces essais, sans qu’un problème n’ait jamais survenu. Montrée du doigt pour sa tenue de route, la Logan allait l’être une fois de plus, mais cette fois par un magazine français et pour une autre raison : des pneus qui déjantent.
Il s’agit de l’Auto-Journal qui, dans son avant-dernier numéro, a fait savoir que lors d’un test d’évitement, des pneumatiques ont cédé à plusieurs reprises en se détachant de leurs roues. Et de préciser que ce problème n’a été décelé que ans l’hypothèse de l’utilisation de jantes en aluminium. L’Auto-Journal ajoute que ces tests ont été réalisés à une vitesse oscillant entre 70 et 80 km/h avec les pressions préconisées par le constructeur  et que la voiture était chargée de 80 kg de bagages et de trois mannequins lestés à 70 kg chacun. Là aussi, la réaction de Renault ne s’est pas fait attendre.
D’un côté, il a pris (par précaution) la décision de suspendre les livraisons des modèles équipés de jantes en alu en attendant les conclusions de ses propres techniciens. Et d’autre part, il a annoncé avoir mis sur pied une cellule chargée de reproduire les tests avec les jantes en alu chaussées de différentes montes pneumatiques. Objectif : essayer de reproduire le déjantage.
Et en fin de compte, il faudra attendre la réaction de l’Automobile Magazine pour qu’apparaisse la vérité. En effet, dans son dernier numéro, actuellement en kiosque, le plus réputé des journaux spécialisés français consacre deux pages à cette (fausse) «affaire Logan». Un article qui lève le voile sur ce qui réellement passé auparavant. Ainsi, selon les journalistes dudit mensuel automobile, les problèmes rencontrés par l’Auto-Journal sont surtout liés au revêtement du circuit emprunté.
Et d’expliquer que le revêtement en béton du Circuit de Monthléry sur lequel l’Auto-Journal a procédé à ses tests, présenterait un coefficient d’adhérence «absolument pas représentatif des conditions de circulation actuelles». Alors que les essais effectués par l’Automobile Magazine, eux, ont été  réalisés sur Renault sur l’aire d’évolution du centre d’essais et de recherche de Mortefontaine. Un circuit revêtu d’un asphalte identique à celui de la plupart des routes.
Conclusion : la Logan ne présente aucun risque de déjantage lors d’une manœuvre d’évitement. Quoiqu’il en soit, la Logan n’a, certes, pas la tenue de route d’une luxueuse routière allemande, mais il n’en demeure pas moins qu’elle constitue une bonne affaire (sans jeu de mots déplacés) financière pour les acheteurs à petit budget.
Il n’est d’ailleurs pas étonnant d’apprendre qu’elle ait enregistré plus de 2000 commandes lors de son premier mois de commercialisation au Maroc.

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