Embrayage : Algérie : Une taxe qui fait mal aux importateurs automobiles

Depuis le 30 juillet dernier, une «nouvelle taxe sur l’achat de véhicules neufs» a été instaurée par le gouvernement algérien. Il s’agit d’un texte complémentaire à la loi de Finances 2008 et qui stipule notamment qu’«au titre de la première mise en circulation, la taxe est prélevée par le concessionnaire et reversée comme en matière de droits de timbre». Avant d’aller plus loin, il serait préférable de préciser que par le mot «concessionnaire», la terminologie législative algérienne –si approximative– parle des sociétés importatrices de véhicules neufs et autres filiales de constructeurs automobiles. Qu’à cela ne tienne… Cette nouvelle taxe, qui a pris un effet immédiat, varie entre 50.000  et 150.000 dinars, soit entre 500 et 1.500 euros, selon les modèles. Et bien évidemment, elle (la taxe) sera répercutée sur le prix de vente final du véhicule. La suite n’est pas difficile à deviner : tollé général dans le secteur. D’un côté, inquiétude des clients qui y prennent un sérieux coup dans leur pouvoir d’achat. De l’autre, vives réactions des «concessionnaires» qui y voient surtout une bonne part de leurs marges rognée. De son côté, le gouvernement a officiellement justifié cette nouvelle taxe par la nécessité du marché automobile quant à participer au financement du métro et du tramway, deux gros chantiers des transports publics. Comme si l’Etat de M. Bouteflika n’avait pas assez de sous pour mener à bien ses grands projets. Selon une autre rumeur, les hauts responsables algériens ont voulu sanctionner lesdits importateurs automobiles et les constructeurs qu’ils représentent, du fait que ces derniers ne viennent toujours pas installer des usines de montage dans le pays. Mais la vérité est ailleurs. L’Etat algérien est tout simplement face à un constat d’échec par rapport à ses infrastructures urbaines (parkings), routières (chaussées dégradées) et autoroutières (faiblesse du réseau). Du coup, il craint que le grossissement du parc roulant ne devienne problématique pour les usagers. D’où cette nouvelle loi, censée freiner la progression du marché. Et devinez quoi? A fin septembre dernier, le marché automobile algérien était toujours en haut de forme avec même une progression d’environ 50%, sachant que le premier trimestre 2008 avait vu la vente de quelque 151.000 véhicules neufs ! Un autre paradoxe chez notre voisin de l’Est.

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