Embrayage : Automobile : À qui profite la crise ?

Des aides ou subventions étatiques qui attendent d’être perfusées, des usines qui ferment temporairement, des constructeurs qui s’allègent à coups de licenciements et surtout des consommateurs qui ont le moral en berne. C’est, entre autres, à cela que se résume actuellement l’impact de la crise financière sur le secteur automobile mondial. A l’heure où le 79ème Salon de l’Auto de Genève ouvre ses portes, les choses ne s’arrangent guère pour ce secteur qui pèse lourdement sur le tissu industriel de la planète. Une exposition qui s’ouvre, une fois de plus, sur la thématique verte. Une révolution qui sera inévitable. En attendant, les grands groupes américains sont toujours en difficulté, avec toutefois, une légère nuance positive pour Ford, dont la filiale européenne fait plus que sauver les meubles en ces temps difficiles. Les marques européennes ne sont pas en reste, pénalisées au niveau de leurs chaînes d’approvisionnement. Pourquoi ? Parce que les banques ne peuvent –ou ne veulent– plus accorder des crédits aux équipementiers pour leur fonctionnement. En Asie, si les Coréens tirent leur épingle du jeu, les Japonais écopent des méfaits d’un yen fort et du fait d’être tributaires à près de 90% du marché de l’export. Pourtant, le malheur des uns fait bien le bonheur des autres, comme dit l’adage. Certes, mais à qui profite la crise dans le secteur automobile ? Aux acheteurs pardi ! En Europe, les ristournes accordées dans les showrooms peuvent atteindre jusqu’à 30,40 et même 50%. Aux Etats-Unis, en Belgique et sur quelques autres marchés, une voiture achetée égal une autre offerte. Intéressant. Sauf, qu’il s’agit le plus souvent d’une petite auto en guise de cadeau, comme c’est le cas dans l’Île de la Réunion où le concessionnaire de Nissan «donne» une Micra pour l’acquéreur d’un Murano. Au Maroc, rien de tout cela. Ni maintenant, ni demain. Les importateurs n’ont aucune raison d’en arriver là. À moins que les ventes du neuf s’effondrent, ce qui est loin (très loin) d’être le cas. Même en ce qui concerne les prix, dont tout le monde attend la baisse, il ne faudra pas s’attendre à des miracles. Une chose est sûre : le secteur automobile ne sera plus le même après la crise économique. A l’international, des marques telle que Saab pourraient bien disparaître, tandis que chez nous, on assistera inéluctablement à une redistribution de «cartes» et de parts de marché. Gare à ceux qui n’ont pas une assise et des reins solides.

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