Embrayage : Ces marketteurs qui ne savent pas parler

A l’approche du salon Auto-Expo (du 9 au 18 mai), les conférences de presse se suivent –mais ne se ressemblent pas– et s’enchaînent même à un rythme effréné. Ce sont presque des semaines charnières, durant lesquelles toute nouvelle gamme, voiture ou même déclinaison, devient un prétexte pour aller à la rencontre de la presse nationale, qu’elle soit généraliste ou spécialisée. On révèle une nouveauté, on présente des chiffres, on annonce un projet… Le tout, avec pour objectif d’avoir de jolies retombées médiatiques durant cette période clé de l’année. En gros, faire couler l’encre des journalistes sur la marque dont on a la charge de défendre les couleurs. Mais justement, alors où certains responsables automobiles réussissent toujours à cette tâche, avouons-le peu évidente, d’autres y échouent et de la manière la plus cuisante. Devant les journalistes que nous sommes, il y a des choses à ne pas dire. On ne dit pas par exemple, et avec la plus grande fermeté, «nous n’accorderons aucune remise sur ce véhicule». Une maladresse qui fera probablement reconnaître son propriétaire, dont on taira le nom évidemment. A elle seule, cette phrase inutile plus qu’autre chose, renseigne clairement et immanquablement sur le manque d’expérience de celui qui l’a lâché. Mais par marketteurs, on ne sous-entend pas que les directeurs marketing. L’allusion est aussi faite aux patrons tout court. Comme celui d’une société qui importe des motos chinoises et qui, lors d’une récente conférence de presse, a osé avouer aux journalistes une vérité pas si bonne à dire. «Lorsque nous avons démarré notre activité, nous avons dû, pour assurer le service après-vente de nos produits, piocher certaines pièces à partir de motos neuves. Nous nous sommes alors retrouvés avec une cinquantaine de motos toutes neuves, mais incomplètes. C’est à partir de là que nous avons décidé de nous approvisionner en pièces de rechange et d’en stocker». Là encore, Monsieur le DG, montre qu’il est encore jeune dans le métier, puisqu’il n’avait pas besoin d’aller si loin (dans les aveux) pour assurer de la disponibilité de pièces pour ses motos.
Allons Messieurs ! Il y a des choses qu’il ne faut jamais dire à des journalistes. Ou alors en «off», comme on dit dans notre métier, c’est-à-dire à micro ou magnéto éteint (position off). Faut-il vraiment avoir un Bac plus quinze pour connaître le b.a.ba de la communication ? Non, il faut tout simplement bien préparer sa copie, anticiper les questions potentiellement plausibles et surtout s’entretenir avec son homologue de la division «communication». Car, pour ceux qui en doutent encore, la communication est un art et surtout un métier. Sans quoi, elle n’existerait ni dans les modules de cycles supérieurs des écoles de commerce et encore moins dans l’organigramme d’une entreprise.

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