Embrayage : Cession de Volvo Cars à BMW : Vent ou vente ?

Les choses commencent par une rumeur qui émerge au début du mois de mai dernier. Ford cherche à vendre la marque Volvo et BMW semble très intéressé par l’acquisition de celle-ci, pouvait-on lire un peu partout sur la Toile. Ces premiers bruits qui courent s’échappent de sources proches de BMW, provoquent une vague médiatique et poussent finalement Ford à publier un démenti. «Ford Motor Company n’est pas en discussions avec BMW, ni avec aucune autre société, à propos d’un intérêt pour Volvo Car Corporation», lisait-on dans un communiqué de presse relayé par l’Agence Reuters. Mais quand des grands titres de la presse économique internationale reviennent à la charge, les logos de l’hélice, de l’ovale bleue ressurgissent avec entre eux celui du cercle à fléchette en biais.
Ainsi, selon le Financial Times, «les financiers du constructeur bavarois étudieraient à la loupe les comptes de la firme suédoise». De plus et selon des hebdomadaires allemands, BMW étudie la possibilité d’ajouter une quatrième marque à son groupe afin de pérenniser sa croissance. De l’extérieur, les analystes sont à la fois perplexes et dubitatifs, voire interrogatifs. Que peut apporter un tel rachat de part et d’autre ? Quelles sont les possibilités de synergies entre les deux constructeurs? Des questions qui restent posées et que des têtes pensantes à Munich tentent d’élucider.
Actuellement, les choses vont bien pour le groupe BMW. L’hélice n’a peut-être pas broyé l’étoile question ventes, mais elle la dépasse suffisamment à l’échelon mondial en 2007: 580.000 ventes pour BMW Group (BMW, Mini et Rolls-Royce) contre quelque 500.000 unités pour Mercedes Car Group (Mercedes, Smart et Maybach). De son côté, le constructeur suédois affiche un bilan largement positif. Près de 445.000 véhicules vendus en 2006, un objectif de 600.000 ventes à moyen terme et une gamme complète dont la C30 est devenue le modèle le plus diffusé sur certains marchés européens, comme la France. Quant aux synergies, possibles : plus de savoir-faire et d’expertise sécuritaire de Volvo au profit du BMW Group qui, lui, offrira en contrepartie tous ses talents de grand motoriste.
En fait, dans l’hypothèse d’un rachat, Volvo deviendrait la marque premium à vocation généraliste du groupe allemand, dont le label BMW serait un cran plus haut de gamme que sa filiale suédoise. Reste les enseignements à tirer du passé. L’acquisition ratée de l’entité MG-Rover-Land Rover, qui s’était soldée par la revente du label britannique pour une Livre symbolique ou encore et surtout les déboires du concurrent Mercedes plombé par les pertes abyssales de son allié nord-américain Chrysler. La suédoise sera-t-elle vendue ? Seul le temps nous le dira.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *