Embrayage : Horodateurs, ces machines qui grugent les automobilistes

Jusqu’ici, pour disposer d’une voiture à Casablanca ou Rabat, il fallait avoir les moyens de se l’offrir, ceux (les moyens) de la désaltérer à chaque fois qu’elle devait passer à la pompe, puis ceux d’entretenir sa petite santé mécanique.  Aujourd’hui, l’automobiliste moyen –car c’est surtout lui qui est à déplorer– se doit désormais d’avoir ou tout au moins prévoir une autre rubrique de dépenses dans son budget automobile : celui du stationnement. C’est même tout un budget qu’il faut envisager dès lors qu’on est censé stationner dans les rues des deux capitales. Deux dirhams de l’heure, deux autres pour un peu plus… les horodateurs sont malheureusement là ! Des engins qui pullulent à tous les coins de rues. Avec leur couleur bleue, ils rappellent ces intraitables pervenches qui font faire des cauchemars aux automobilistes parisiens. Ce sont des machines à sous avec lesquelles on ne gagne jamais. Au meilleur des cas, on s’en tire sans sabot. Au pire, on vous le met. Et parfois même, injustement. Qui de nous n’a pas trouvé ce tas de ferrailles jaune collé à sa roue avant gauche, alors qu’il ne s’était arrêté que pour 2 ou 3 minutes, le temps de rentrer faire une course dans un tabac-journaux ? Qui de nous n’a pas vu son auto immobilisée pour avoir dépasser son horaire de stationnement de tout juste quelques minutes. A croire que ces «chausseurs de sabot», chaussent à leur poignée gauche des montres suisses à l’exactitude mondialement réputée. Pire encore, certains automobilistes se sont vu prendre des pièces de monnaie, sans les rendre, par des horodateurs en rupture de rouleau de papier. Inexcusable ! Il est même scandaleux de voir, dans ce cas bien précis, la rigidité des agents de ces sociétés de parking qui, sans scrupule, mettent des sabots à tout va. Et là, tous les scenarii sont possibles. On s’explique calmement, on fait monter le ton, on s’énerve, on s’insulte, on en vient aux mains même… Certains de ces agents sont si indisciplinés, qu’ils font croire que ladite société de parking les a repêchés de la plus basse échelle sociale, ou carrément de la rue pour y travailler au quotidien. Mais au-delà de ces aspects, la véritable incommodité, pour certains comme pour d’autres, se situe dans la perte de temps. Une donne imprévisible qui peut être lourde de conséquences. Un rendez-vous raté, ce peut être un vol manqué, un marché juteux qui saute, un job qui ne sera pas décroché, une femme qui accouche dans la rue ou qui sait une âme qui se rend.  Reste une lueur d’espoir : celle de voir un jour ces engins revisités pour être plus doux, à moins de les carrément supprimer. Certains tribunaux ont établi l’illégalité d’immobiliser les véhicules à l’aide d’un sabot fixé par les employés de la société exploitant les places de stationnement. Ira-t-on jusqu’à voir l’annulation des contrats liant des conseils municipaux aux sociétés gestionnaires d’horodateurs ? Ce serait trop beau pour être vrai. Mais on peut toujours rêver…

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