Embrayage : La guerre mondiale du low-cost sera inévitable

A votre avis, si l’on dit «Logan low-cost», est-ce ou non un pléonasme ? A cette question, seules deux catégories de personnes peuvent donner la bonne réponse qu’est la négation : les journalistes automobiles et les gens qui travaillent dans les hautes sphères de Renault. La première catégorie, parce qu’elle est assez avertie des différents projets des constructeurs automobile. La seconde, elle, parce que le groupe au losange réfléchit – et depuis un moment déjà – à une voiture encore moins chère que la Logan. En effet, et c’est Carlos Ghosn (le Pdg de Renault) lui-même qui l’avait annoncé il y a quelques mois lorsqu’il est parti en Inde pour inaugurer une nouvelle usine érigée en collaboration avec le constructeur local Mahindra et justement destinée à produire la Logan. «Pour faire du volume en Inde, nous devrons étudier la possibilité de vendre une voiture à 3.000 dollars, peut-être même à 2.000 dollars» avait-il alors lancé. Mission possible ou impossible ? Le temps nous le dira… En attendant, la Logan, elle, surfe toujours sur une vague mondiale de popularité, faisant ainsi des émules. Du coup, tous les grands patrons de l’automobile mondiale, qui prenaient Ghosn et Renault pour des fous à lier, ont remis en cause leur jugement. Aujourd’hui, des grands groupes comme Toyota, Volkswagen, Fiat et même Hyundai développent secrètement une voiture à bas prix pour concurrencer la Logan. Deux raisons peuvent expliquer ce constat. Les têtes pensantes de ces mêmes groupes ont d’abord estimé que si Renault pouvait produire une auto si accessible, il n’est dès lors pas impossible de parvenir au même résultat. Ensuite, si la marque au losange récolte les fruits
-financiers- de sa voiture mondiale, pourquoi alors se priver d’un marché juteux, mais tout juste florissant et dont Renault a bien flairé l’opportunité ? Reste une question : comment fait-on une voiture low-cost, tout en continuant à faire du profit ? On prend un modèle aux composants (châssis, moteur, boîte…) déjà amortis, on le relooke et on le rebaptise. En gros c’est cela. Mais encore ? Car, si ce n’était que cela, les choses seraient alors aisées pour les autres constructeurs qui rêvent d’une «anti-Logan». Le coup de génie de Renault a d’abord été de reprendre le constructeur ex-moribond qu’était Dacia. Et c’est justement l’association avec un partenaire local ou régional qui rend les choses plus faciles : Somaca au Maroc, Avtovaz en Russie, Mahindra en Inde ou encore Iran-Khodro en Iran…
Maintenant, comment vont s’y prendre les autres ? Là est une autre question, qui ne nous empêche pas pour autant de croire que la guerre mondiale de l’automobile à bas prix ne fait que se profiler et sera, à terme, inévitable. Au fait, savez-vous qu’au départ ce même Carlos Ghosn ne croyait pas du tout au low-cost ?

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