Embrayage : La revanche du Diesel

Au cours des années 80, c’est-à-dire il n’y a pas si longtemps que ça, rouler au Diesel était plutôt mal perçu. Car, jadis très polluant, ce carburant était aussi un indicateur social pour son consommateur, si motivé par des économies à la pompe. Le mazout était alors le carburant du pauvre et se faisait petit face à l’essence, souvent plébiscitée pour sa commodité (pas de préchauffage), sa «propreté», ainsi que l’agrément de conduite qu’elle distille. Du coup, les constructeurs d’automobiles, suivant la tendance de l’époque, ne proposaient qu’un seule motorisation Diesel dans chaque gamme de véhicule, voire même aucune. Aujourd’hui, changement de donne ! Ou plutôt renversement de la situation : l’essence bat en retraite au profit de ce liquide qui alimente les TDi, HDi, DCi et autres blocs à sigle barbare. Chaque véhicule (européen notamment) qui se crée est disponible en au moins deux ou trois moteurs Diesel, qui représentent 7 fois sur 10 le choix des acheteurs. Sa revanche, le «mazout» la doit principalement à deux raisons :
D’une part, les progrès mécaniques accomplis en la matière et portant précisément sur l’injection. Ainsi, après les bienfaits de l’injection directe, le turbodiesel a récemment cédé sa place à la technologie dite “common rail”.
Inauguré par l’Alfa Romeo 156, ce type de suralimentation est en fait le fruit de toute l’ingénierie de Bosch. Cet équipementier, qui a été pour beaucoup dans l’essor du gazole, est aujourd’hui le premier fournisseur mondial de rampes communes pour moteurs Diesel. Ses derniers sont alors plus silencieux, moins gourmands, plus puissants et surtout dépourvus de bougies de préchauffage. Pratiques le matin…
D’autre part, il y a la conquête du haut de gamme, pour ne pas dire l’invasion. Plus de 80 % des Mercedes, BMW et Audi avalent du Diesel ! Celui-ci n’a pas épargné un label aussi prestigieux que Jaguar (Sir William Lyon, fondateur de la marque au félin, ne l’aurait peut-être jamais cru) et logera bientôt sous le capot d’une Lexus ! Puis sous celui du Volkswagen Touareg, le V10 TDi fait carrément dans la mégalomanie en étant le plus puissant au monde actuellement.
Plus modestement, les citadines et les moyennes tirent profit de cet état de choses, faisant qu’au Maroc comme en Europe, le Diesel a conquis près des deux tiers du marché des voitures de tourisme. Ce «breuvage» automobile est désormais si dominant, que l’on est en droit de se demander aujourd’hui : que restera-t-il à l’essence ?

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