Embrayage : La Russie deviendra le premier marché automobile européen

De la Russie, la plupart des gens n’ont que des visions stéréotypées. Un pays où la vodka coule à flot chez les nouveaux riches comme dans les ventres vides de pauvres clochards, errant par températures glaciales à travers des rues où la mafia règne sans partage. De tous ces clichés, il faudra désormais s’affranchir et voir la nation de Tolstoï sous son nouveau vrai visage. Dans ce qui est le plus grand pays du monde (17.095.000 km2), 142,5 millions d’habitants profitent désormais et à plein régime des bienfaits de l’économie de marché. Si bien que le pays enregistre actuellement une croissance économique de 8%. Son PNB qui était, il y a tout juste quelques années (entre 1987 et 1992), encore inférieur à celui d’un petit pays européen comme le Portugal, est actuellement de l’ordre de 1,289 million de dollars (US), soit au 11ème rang mondial. Par ailleurs, ce pays qui est –selon les analystes– macroéconomiquement le plus stable en Europe, dispose d’importantes ressources naturelles (pétrole, gaz, nickel, diamants…), en plus d’être la troisième réserve mondiale de fonds. C’est donc un pays riche contrairement à une fausse idée reçue. Bref, que d’indices et indicateurs qui expliquent tout le potentiel de croissance de cette économie post-communiste et en particulier, de son secteur automobile. Avec près de 3 millions de véhicules neufs vendus en 2008 et des prévisions de 4 millions et 5,2 millions de ventes, respectivement en 2010 et 2012, la Russie est bien partie pour devenir le premier marché européen. D’ailleurs, lorsqu’on y réfléchit plus longtemps, on comprend pourquoi l’automobile russe est restée étonnamment discrète en Europe occidentale et dans le reste du monde. Certes, ses voitures sont loin d’être adaptées aux normes et goûts des Européens, mais surtout, la taille du marché domestique est largement suffisante pour avaler toute la production automobile russe. Tout cela, les grands constructeurs automobiles étrangers l’ont compris. Parmi eux, Renault –plus que les autres– a conclu un partenariat avec Avtovaz, dont il a acquit 25% du capital. Objectif : se positionner tôt pour tirer profit du développement que connaît le marché automobile russe. Maintenant, reste à voir jusqu’où va aller la crise économique financière mondiale. Si elle perdure et s’accentue, on risque de voir la Russie évoluer vers une économie isolationniste. «Laissez-nous, on n’a pas besoin de vous. On peut s’auto-suffire !», diront les Russes au reste du monde.

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