Embrayage : L’automobile : Cycle de vie réduit, fiabilité prolongée

Lorsqu’un client se rend en concession pour acquérir un nouveau véhicule, il découvre. Il touche et constate. Il apprécie, ou préfère moins. Il se documente ou demande carrément un essai. Il passe commande ou repart vers l’incertitude. Mais il n’a jamais idée –à moins qu’il ne soit du métier ou journaliste spécialisé– de ce qu’a nécessité chaque modèle à un constructeur en matière de coût et de développement. Mais surtout, ce même client est loin de savoir et de constater combien le cycle de renouvellement des voitures actuelles s’est réduit au fil des ans. Car, poussés par la compétitivité, obnubilés par la rentabilité et hantés par le succès (industriel et commercial), les groupes automobiles renouvèlent et actualisent aujourd’hui leurs gammes respectives beaucoup plus vite qu’ils le faisaient par le passé. Prenons pour exemple Renault, un constructeur généraliste et européen, qui a vu le cycle de renouvellement de ses modèles s’accélérer à grand à la vitesse V, avec à la clé une importante multiplication de l’offre. Ainsi, la firme au losange a lancé 8 véhicules particuliers entre 1945 et 1965, 17 entre 1965 et 1985, 14 entre 1985 et 1997 et 14 de 1997 à 2005. Puis, dans le cadre du plan stratégique triennal «Renault Contrat 2009», ce sont 26 nouveaux véhicules qui seront lancés entre 2006 et 2009 ! Pour se donner les moyens de leur compétitivité, ces mêmes constructeurs réorganisent tous azimuts leurs méthodes de travail. Mais, chacun à sa façon. Certains rassemblent leurs concepteurs sur un site unique (Renault), d’autres créent des directions de programme indépendantes mais synergiques (PSA Peugeot  Citroën). Certains délocalisent leur main-d’œuvre, d’autres l’augmentent ou la réduisent. Certains axent leurs nouveautés sur des aspects bien précis comme le design (Alfa Romeo), la sécurité (Volvo) ou la fiabilité (Toyota), tandis que d’autres anticipent les attentes de clients toujours plus exigeants ou à la recherche de l’inédit, voire l’exclusivité (BMW X6).
Parallèlement, ce renouvellement de plus en plus rapide des modèles impose un raccourcissement des délais de développement. Un impératif industriel qui ne doit aucunement se faire sur l’autel de la fiabilité. Et cela se fait déjà et d’aucuns des professionnels du secteur ne nieront que la plupart des voitures d’aujourd’hui résistent beaucoup mieux aux épreuves du temps. Sans aller du côté des labels de luxe comme Audi, Jaguar, Mercedes, BMW ou Lexus, des marques généralistes comme Kia ou Dacia disposent de modèles qui ont fait leurs preuves en durabilité. Comme Fiat Auto en Europe, le constructeur Kia Motors est tellement sûr de ses produits qu’il les garantie sur une durée de 5 ans, voire 7 pour un modèle comme la Cee’d. Tout cela pour dire finalement que la compétitivité entre constructeurs s’est tellement accentuée, qu’elle a fini par les obliger à renouveler vite et bien. Car, la fiabilité reste avant toute chose le véritable argument qui forge une image de marque… sérieuse.

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