Embrayage : Le 4×4 de luxe : Dans le rétro de la grosse berline

Jadis considérés comme de vulgaires engins utilitaires ou strictement des véhicules pour le transport (touristique) dans le désert, les 4×4 se sont depuis ennoblis. Aujourd’hui, leur succès n’est plus un doute, sur des marchés plus que dans d’autres. Au Maroc, les véhicules dits tout-terrain représentent près de 10% des ventes de voitures neuves. D’un peu moins de 2.500 ventes de ce type de véhicules, enregistrées en 2003, on est passé à un peu plus de 6.000 unités livrées durant 2006. C’est plus que le double ! Mais dans la foulée ou plutôt, au cœur du phénomène 4×4, on assiste à un épiphénomène : celui de l’engouement croissant de la clientèle haut de gamme pour le gros 4×4 de luxe.
Une idylle –commerciale– qui se paye au détriment des grosses berlines routières et dans une bien moindre mesure au profit des limousines, ces dernières ayant un profil d’acheteurs assez spécial. Les chiffres parlent d’eux-mêmes pour dire combien le gros 4×4 a, soit rivalisé avec la berline longue de près de 5 mètres, soit carrément cannibalisé ses parts de marché. Pour illustrer le premier cas, on jettera un coup d’œil dans les chiffres communiqués par la CAC, qui importe (entre autres) la marque Audi.
Bilan 2006 : 89 immatriculations du Q7 contre 146 unités vendues de l’A6. Pas mal pour un 4×4 tout nouveau et introduit sur le marché marocain au beau milieu de l’année. Du côté de chez Nissan, et pour donner un bel exemple de cannibalisation, on se tournera –toujours au terme de l’année 2006– vers les performances respectives du crossover Murano et de la routière Altima. 93 livraisons pour le premier et même pas une dizaine pour la seconde ! Mais à y voir de plus près, le choix du consommateur, s’il n’est pas très juste, il a au moins le mérite d’être logique dans son esprit.
Explications : partant du principe du «qui peut le plus, peut le moins», on peut comprendre qu’un baroudeur premium offre un cran plus de prestations qu’une berline premium (conduite surélevée, aptitudes de franchissement, espace intérieur habitable pour 7 personnes…). En revanche, allez dire à un petit bourgeois que son véhicule haut sur pattes, est plus assujetti au roulis dans les virages, qu’il freine moins bien qu’une berline et qu’il protège nettement moins en cas d’accident. Il ne vous croira pas. Telle est la force d’une –fausse– idée reçue et longtemps forgée par un effet de mode.

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