Embrayage : Le GIVET : Au nom de l’équité douanière

Est-il logique qu’une voiture soit plus taxée qu’une autre du fait de son origine ? Est-il normal qu’un véhicule asiatique devienne moins compétitif à l’achat que son équivalent européen ? Est-il honnête que l’acheteur marocain soit amené à choisir un modèle français, allemand ou italien, plutôt qu’une auto japonaise, coréenne ou chinoise et ce, pour des considérations strictement tarifaires ? Que de questions qui méritent d’être posées et qui le seront même de plus en plus dans les années qui viennent. Et pour cause, le démantèlement douanier pour tous les produits provenant de l’Union européenne, enclenché il y a quelques années maintenant, s’accélère et entre même dans ses dernières phases les plus décisives. En effet, les véhicules importés du Vieux Continent sont actuellement soumis à un taux de 13 % de droits de douane à l’importation, lequel (le taux) arrivera à 0% en mars 2012. Face à cette exonération douanière digne d’un cadeau fiscal, les importateurs de véhicules non européens, eux, versent 32,5% de droits de douane (à l’importation). Un «taux de marteau» pour lequel aucune baisse n’est prévue.  Voilà pourquoi est né le Groupement des importateurs de véhicules pour l’équité tarifaire (GIVET). Il s’agit d’une coalition saine, structurée et légitimement constituée afin de travailler avec les pouvoirs publics sur ce dossier. Considérons cela une entité de lobbying ou un groupe de pression, peu importe. L’essentiel, c’est d’instaurer un débat sur un sujet crucial et d’amener les autorités concernées à réagir sur cette question d’actualité et d’avenir : il faut revoir la politique douanière applicable aux biens mobiliers importés hors des pays de l’UE ! L’intérêt essentiel et ultime est d’atteindre une équité tarifaire entre toutes les marques automobile, afin de permettre un choix non-biaisé au consommateur marocain en général et à celui voulant accéder à l’automobile en particulier. C’est ce qu’affirme un porte-parole du GIVET dont les membres représentent plus de 50% du marché automobile marocain, puisqu’on y trouve notamment des importateurs comme Global Engines (Hyundai), Kia Motors Maroc, Toyota Du Maroc, Suzuki Maroc, Univers Motors (Honda), Jama Auto (Mazda) ou encore Madiva (Great Wall, BYD, Mahindra…). Que d’importateurs qui sont membres de l’Association des importateurs de véhicules automobiles au Maroc (AIVAM) et qui le resteront, mais non sans militer –dans le cadre du GIVET– pour défendre des intérêts qui n’ont pas le même degré de priorité pour l’ensemble des acteurs de l’AIVAM.
Bref, la démarche est à la fois salutaire, ambitieuse et très prometteuse. A l’heure où le marché automobile marocain a  pris son envol, on ne saurait imaginer qu’il n’y aura pas de geste fort de la part des pouvoirs publics afin d’œuvrer pour une justice, ou tout au moins un équilibre tarifaire. Il serait quand même absurde de voir un jour au Maroc une Peugeot 207 vendue moins chère qu’une Kia Picanto.

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