Embrayage : Pau Frère : Le doyen des passionnés s’en est allé

C’est la dernière page de toute une encyclopédie automobile qui s’est refermée dans la nuit du samedi 23 février. Paul Frère, doyen des journalistes automobile francophones et ancien pilote de course a tiré sa révérence à l’âge de 91 ans. Une triste nouvelle qui est presque passée inaperçue dans les médias généralistes. Pourtant, il s’agissait d’une grosse pointure – si ce n’est la plus importante – de la presse automobile européenne. Et pour cause, ce  belge, né au Havre en 1917 était non seulement un authentique passionné d’automobile et de vitesse, mais il avait à son actif la plus longue carrière de journaliste automobile. Une carrière qui avait débuté au milieu des années 40 et qui a fait que cet homme a essayé, évalué ou conduit la quasi-totalité de la production automobile de ces 50 dernières années. Mais s’il avait fait ses premières armes en tant que journaliste automobile, cet ingénieur de formation (diplômé à 26 ans) aura aussi fait un détour par la compétition. Une brillante parenthèse ouverte en 1952, avec le Grand Prix de Belgique. A la surprise générale, il termina cinquième au volant d’une HWM. Mais cinq ans plus tard, sur ce même circuit de Francorchamps, il monte sur la deuxième marche du podium. Au total, ce journaliste-pilote aura disputé onze Grand Prix de Formule 1 et remporté une victoire au 24 Heures du Mans en 1960 à bord d’une Ferrari 250 Testa Rossa. A l’aube des années 90, son casque est déjà raccroché et le retour à ses premiers amours, déjà magnifié par ses articles et chroniques. On le lisait sur les colonnes de plusieurs médias spécialisés, dont le très technique magazine franco-belge «Le Moniteur Automobile» ou encore, le mensuel de Porsche «Flat 6 Magazine». Ses parfaites connaissances des techniques automobile et de la conduite lui ont permis de briller durant ses deux dernières années et d’avoir une grande notoriété auprès de ses congénères. Son avis était également apprécié par de nombreux constructeurs automobiles comme Honda, Maserati, Porsche et Audi. Ces deux derniers recouraient systématiquement à son expertise afin de peaufiner certains de leurs bolides. Parallèlement à cela, Paul Frère continuait à prendre le volant sur des circuits, histoire de combler ses pulsions pour la vitesse. Mais cet amour de la course a été stoppé net il y a quelques mois, suite à un grave accident survenu sur la boucle du Nürburgring. Infatigable, Paul Frère était encore présent à quelques grands évènements automobile, telle que la révélation, en 2004, du projet X90 (alias «Logan») dans les locaux du Technocentre de Renault, à Paris. «La pile à combustible est, de l’avis de plusieurs observateurs, la technologie qui se développera le plus rapidement, mais je ne serai plus là pour la voir» avait-il déclaré récemment. Paul Frère s’en est allé, mais dans le cœur de tous les passionnés, il restere probablement à jamais.

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