Embrayage : «Peanuts»…

En parcourant les premières pages de l’un de nos confrères de la presse automobile française, en l’occurrence «Auto Plus» (n°813), un chiffre, assez courant sur le marché automobile dans l’Hexagone, nous laisse cependant pantois : 54 884. Il s’agit du nombre des immatriculations neuves enregistrées entre le 24 et le 30 mars 2004, c’est-à-dire en une semaine seulement ! D’accord, toute comparaison entre ce marché et celui du Maroc relèverait de l’absurde et nous ne sommes, d’ailleurs pas en train de la faire.
Mais ce chiffre a de quoi poser bien des interrogations, lorsqu’on voit qu’en une semaine (et une semaine seulement), il se vend en France plus de véhicules qu’il ne s’en écoule sur une année pleine au Maroc ! Plus précisément, les statistiques communiquées par l’AIVAM (l’Association des Importateurs de Véhicules Automobiles au Maroc), faisaient état de 49 617 véhicules neufs (voitures de tourisme et 4×4), y compris ceux montés localement. Plus qu’éloquente, cette disparité renvoie de manière flagrante à l’exiguïté du marché automobile marocain. Un marché dont le volume est souvent qualifié de «peanuts» (cacahuètes en anglais) par la voix des responsables marketing desdits importateurs, et surtout par celle des constructeurs eux-mêmes. Ces derniers, considérant le Maroc comme une micro-place pour écouler leurs modèles, n’y accordent pas grand intérêt, apportant un soutien minime aux revendeurs locaux. Cela va d’une assistance insuffisante en terme de logistique et surtout un effort quasi-inexistant sur les prix des modèles. A l’exception toutefois des marques françaises, qui arrivent tant bien que mal à proposer des tarifs contenus, et particulièrement Renault Maroc, filiale directe du groupe français. C’est, en partie, ce qui explique que les voitures restent assez chères au Maroc.
En partie, car l’autre raison tient aux taxes qui pèsent sur l’importation automobile. Mais pas tant qu’il n’y paraît… En fait, si le prix des voitures a bien flambé ces dernières années, c’est aussi et surtout parce que celles-ci sont plus sophistiquées et de mieux en mieux équipées. Un seul espoir, mais à moyen terme, subsiste pour le consommateur marocain : une baisse substantielle (et progressive) des prix, du fait du démantèlement douanier, déjà en vigueur. D’ici là, il ne faut pas rêver, l’automobile restera encore un luxe pour bien des foyers marocains et le marché aura toujours pour qualificatif auprès des groupes automobiles internationaux, cette métaphore négative d’être une poignée de cacahuètes dans un immense champ de blé.

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