Embrayage : Quand la France a raison, le Maroc devrait suivre

Voilà une mesure légale qui a toutes les raisons – et même le mérite – de faire des émules au-delà de ses frontières. Le gouvernement français s’apprête en effet à instaurer, parmi tant d’autres lois d’ailleurs, un texte prévoyant «l’obligation pour toutes les auto-écoles d’afficher leur taux de réussite». Certes, cette loi n’est pas la plus marquante des nouvelles mesures que le Premier ministre français, François Fillon, a dévoilées à la presse le 13 février, dans le cadre de la lutte contre l’insécurité routière. En effet, d’autres telles que «l’obligation pour les discothèques de s’équiper d’un éthylotest» ou «le port obligatoire d’un gilet de sécurité et d’un casque pour tous les cyclistes», semblent aussi intéressantes que surprenantes. Maintenant, si ces deux derniers textes entreront bientôt en application dans l’Hexagone, leur apparition dans le Royaume relève de l’hypothétique, voire de l’impossible. Surtout celle relative aux éthylotests dans les discothèques et ce, pour les raisons – et l’hypocrisie – que l’on sait.  Quant à la première loi, elle, pourrait bien – un jour – voir le jour au Maroc. En attendant, elle mérite bien que l’on s’y attarde. Et pour cause, les auto-écoles sont, comme leur nom l’indique, l’entité même qui fait qu’un conducteur est bon ou ne l’est pas. Pour comprendre l’impact et l’importance de l’apprentissage de la conduite, il suffit de voir les scènes quotidiennes auxquelles nous sommes de plus en plus confrontés. Qui de nous n’a pas déjà remarqué dans le trafic urbain des agissements aussi invraisemblables les uns que les autres? Le conducteur stationné temporairement en deuxième file, mais n’ayant pas enclenché ses «warnings», alors qu’il bloque la circulation ; l’automobiliste qui roule avec l’un des rétroviseurs extérieurs, si ce n’est les deux, replié(s) ; celui qui n’allume jamais ses antibrouillard quand il le faut ou inversement ; celui qui bloque toute une file de véhicules en dépassant rarement les 30 ou 40 km/h en ville, alors qu’il a le champ libre devant lui ; et surtout, ceux qui roulent en ville ou sur autoroute en mordant sur la ligne blanche du milieu. Eux, ils sont «ni de droite, ni de gauche, mais de drauche», comme le disent si bien les Guignols de l’Info. A tous ces agissements, le premier responsable qui devrait être pointé du doigt, c’est l’auto-école. N’ayant pas peur des mots, ces structures aident parfois des jeunes conducteurs à décrocher leur permis de conduire alors qu’ils ne le méritent pas ! D’accord, il y a eu cette mise à niveau, réalisée avec le concours de «Codes Rousseau» (le leader français en la matière) et qui s’est manifestée à travers notamment l’informatisation des épreuves théoriques de l’examen dudit permis. Mais cela reste insuffisant. Responsabiliser les auto-écoles et les obliger à publier leur taux de réussite ne ferait que renforcer la qualité de leur enseignement et in fine leur rôle pédagogique.

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