Embrayage : Qui veut la peau des importateurs automobiles ?

Alors que l’année 2007 s’est achevée sur un record de ventes historique pour le marché automobile marocain, 2008, elle, ne démarre pas sous de si bons auspices. D’abord, parce qu’il y a eu cette question d’augmentation du taux de la TVA sur le leasing et autre LOA (location avec option d’achat). De 10%, ce taux a tout simplement doublé, se répercutant ainsi directement sur les mensualités des acheteurs de voitures particulières neuves. Si elle n’a pas encore exercé son effet de «ralentisseur» des ventes de véhicules neufs, cette hausse généralisée des mensualités de LOA, le fera assurément et d’une manière ou d’une autre dans les mois qui viennent.  Ensuite, et comme si cela ne suffisait pas pour mettre en berne le moral des importateurs automobile, c’est une autre augmentation qui s’est ajoutée en ce nouveau millésime. En effet, et depuis quelques semaines maintenant, l’homologation d’un nouveau modèle est devenue payante, alors qu’elle ne requérait à son demandeur que les frais d’enregistrement, soit environ 2.500 DH. Et aujourd’hui, les droits d’homologations sont de 50.000 DH ! Là, on est carrément passé d’une caresse intense, à une violente gifle. Et encore, cette métaphore ne permet pas d’avoir une réelle idée du manque à gagner de part et d’autres, à moyen et long termes. Une sorte de préjudice qui sera de nature financière pour les importateurs et qui – plus grave encore – se manifestera au niveau de l’offre côté acheteurs. Car, cette cagnotte-là (50.000 DH), devra systématiquement être déposée au niveau de la perception de la trésorerie générale (au profit du ministère de l’Equipement et du Transport) et ce, pour chaque nouveau modèle qu’un importateur automobile introduit dans sa gamme. Et dans l’expression «nouveau modèle», il faut également inclure les restylages (lorsqu’ils sont poussés ou accompagnés d’un nouveau moteur), mais aussi et surtout les déclinaisons de carrosserie. Pour comprendre la portée d’une telle mesure, on prendra comme exemple une nouveauté aussi récente que la Peugeot 308. On (Sopriam) paye les droits d’homologation pour cette berline, puis on en fera autant dans les mois qui viennent lorsqu’il sera question – ou non d’ailleurs – d’introduire l’une de ses futures variantes de carrosserie comme le break SW. Où va cet argent ? Grossir les caisses de l’Etat. Pour en faire quoi ? On verra dans les années qui viennent. En attendant, c’est le consommateur qui pourrait bien pâtir de cette hausse, bien qu’elle ne touche directement que les importateurs. Et pour cause, ces derniers répercuteront ces droits – certes de façon minime – sur les prix de vente publics. Puis surtout, ces mêmes importateurs réfléchiront plus d’une fois avant l’importation de tout nouveau modèle dont le succès n’est pas largement assuré d’avance. Résultat : les gammes importées pourraient devenir moins variées dans les années qui viennent, faisant que l’acheteur marocain n’aura pas autant de choix que par le passé. Dommage qu’on en vienne là, alors que le marché du neuf ne s’était jamais si bien porté que durant ces derniers mois.

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