Embrayage : Réaménager plutôt que de partir d’une feuille blanche

Jusqu’ici le remplacement d’un modèle entraînait systématiquement une totale refonte du véhicule. Si bien que l’on parlait toujours de «partir d’une feuille blanche». Au-delà –de tenter– d’innover en matière de design, cela supposait non seulement un réaménagement intérieur (habitacle) et structurel (organes mécaniques), mais aussi et surtout, le développement d’une nouvelle plate-forme. Et c’est justement sur ce dernier aspect que les choses sont en passe de changer. Et pour cause. Le châssis est la pièce maîtresse dans un véhicule. Il définit l’habitabilité par son empattement et le coffre par son porte-à-faux arrière. Il participe à la tenue de route par sa rigidité, à l’adhérence par la largeur de ses voies et à la sécurité passive par sa structure (longerons à déformation programmée). Il contribue aussi au confort de roulement, sur le plan acoustique (utilisation d’isolants), mais aussi, dynamique (intégration des trains roulants). Résultat : il (le châssis) coûte cher au développement. Très cher même. Et au fil des ans et à coups de renouvellement, l’automobile est arrivée à un stade où elle repose de plus en plus sur des plates-formes efficientes, probantes et presque proches du zéro défaut.  Du coup, certains constructeurs optent de plus en plus vers une solution plus «économique» lorsqu’il est question de remplacer un modèle : celle de reprendre le châssis du modèle sortant et le réaménager pour la nouvelle mouture. Une solution «économique» donc –et même très profitable–, mais pas «cheap». En effet, qui dit réaménager un châssis, dit en fait l’améliorer à tous les niveaux, le retravailler de façon minutieuse et ne rien laisser au hasard. Et croyez-le ou non, ces constructeurs automobiles ont raison de faire ainsi. Parmi eux, Peugeot a jugé judicieux de reprendre la plate-forme de la 307 et la perfectionner pour la 308. Cette dernière, à son lancement, avait carrément bluffé les journalistes spécialisés du monde entier par un comportement qui fait le juste équilibre entre la rigueur de sa tenue de route et la souplesse bien dosée de ses suspensions. Puis surtout –et c’est le plus important– le fait de reprendre un châssis éprouvé, fiabilisé et modernisé ne peut que réduire les défauts de jeunesse et, partant, éviter les actions de rappel. A son tour Renault en a fait autant. D’abord avec la Symbol, qui remplace la Clio Classic et reprend donc sa base roulante. Puis avec la Mégane III qui, semblerait-il, reprendra un châssis totalement retouché de sa devancière. Et au final, c’est le client qui y gagne le plus : il achète une voiture qui tient mieux la route, sans gros différentiel de prix.

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