Embrayage : Si un constructeur automobile veut, le Maroc peut

Le week-end dernier, Carlos Ghosn, président de l’alliance Renault-Nissan, est venu signer un protocole d’intention pour la création d’un complexe industriel dans la zone franche de Tanger. Herculéen, ce projet mérite bien son nom. D’abord, du fait qu’il englobe de très gros investissements (plus de 600 millions d’euros). Ensuite par ses volumes de production. Car, à moyen terme, ce sont quelque 400.000 véhicules qui sortiront de ses chaînes d’assemblage pour principalement s’exporter vers de nombreux marchés. M. Ghosn a par ailleurs précisé que cette usine sera «la plus compétitive au monde du groupe». Il a même appuyé ses propos en justifiant : «Nous avons pris comme benchmark chez Renault la production en Roumanie qui fabrique la Logan et celle de Turquie qui fabrique la Clio. L’usine au Maroc arrivera à un coût inférieur». Tout cela pour dire que la nouvelle image du Royaume en tant que terre propice et promise aux investissements n’est plus à prouver. Le Maroc, avant même la fin du chantier Tanger-Med, est déjà en train de susciter l’intérêt des plus grands groupes industriels de la planète et avec eux, tout un tissu de fournisseurs s’étoffera au nord du pays. D’ailleurs, le jour même de la signature de cet acte, les responsables de l’Agence spéciale de la zone Tanger-Med (TMSA) ont été contactés par téléphone par les équipementiers déjà installés autour de Casablanca et fournissant actuellement la Somaca : ils appellent pour acheter des terrains dans la région. Tout est dit et le Maroc a désormais les moyens de devenir une importante plate-forme de l’industrie automobile mondiale. Et, assurément, d’autres constructeurs suivront la voie de Renault. Reste la question que l’on est en droit de se poser : de tels investissements iront-ils jusqu’à fortement stimuler la demande locale ? En d’autres termes verra-t-on la taille du marché automobile marocain atteindre un seuil –positivement– critique à l’image des 260.000 véhicules neufs qui se vendent chaque année au Portugal ? Seul le temps le dira, mais cela ne saurait relever de l’impossible, augmentation du pouvoir d’achat et baisse des droits de douane aidant.

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