Embrayage : Taxis casablancais : Rouges d’apparat, noirs de dégâts

On parle de plus en plus de l’amplification du parc automobile marocain et de son renouvellement d’une année à l’autre et ce, grâce aux ventes croissantes de véhicules neufs. D’accord, cela est vrai, même si les rapports des quelques experts de la place, indiquent que l’âge moyen d’une voiture au Maroc est toujours «élevé», puisqu’il est d’environ 15 ans. Mais justement, à partir d’une décennie et demie, une voiture est tout simplement bonne pour la casse. A moins d’y attacher une valeur affective particulière et la laisser pourrir dans son garage, ou encore l’entretenir pour en faire un «vintage» à collectionner ou à exposer dans un musée. Ceci dit, ce ne sont pas les voitures particulièrement que l’on tient aujourd’hui à pointer du doigt, mais plutôt les taxis. Certains d’entre eux -et ils sont nombreux- roulent dans un piteux état et font vraiment honte à cette profession et même à l’image du pays. Il est plus que facile de les reconnaître. Leur carrosserie a été redressée presque autant de fois que le capot n’a été ouvert pour les vidanges. Leurs moteurs dégagent autant de fumée noire qu’une cheminée bien entretenue. Leur bruit-moteur est d’une incongruité sonore capable de pousser un malentendant au suicide. Leurs pneus sont aussi lisses que ceux d’une monoplace de Formule 1. Or l’absence de ces stries transforme un véhicule en luge filante dès la moindre averse. Puis surtout, leurs habitacles à la fois dépassés, inconfortables et sales peuvent être considérés comme une insulte au mot TAXI, ou tout au moins fâcher les passagers. De jolies épaves roulantes, aveuglément assignées à transporter des gens coûte que coûte pour faire rentrer de l’argent. De l’argent qui sert à tout, et principalement à remplir les poches d’un propriétaire qui ne conduit pas ce machin ou cette ex-machine (le propriétaire de la «grima»), mais très rarement à effectuer les réparations nécessaires ou carrément changer le véhicule. C’est à croire que les chauffeurs de taxis font du bénévolat… Il est temps que les choses changent et de façon radicale. On ne comprend d’ailleurs pas comment ces mêmes vieux taxis se font encore autoriser le droit de circuler. Le pointage quotidien serait-il devenu une gagne-pain pour le flic qui l’effectue ? Que font les nouveaux centres de visite technique que l’on dit désormais «remis à niveau» ? Comment les responsables du transport routier et de la circulation routière ne font rien pour et contre ces véhicules dont le gros de la mission est de rouler à longueur de temps ? Pourquoi les projets d’uniformisation de taxis, à travers un seul et unique modèle (notamment le Renault Kangoo) n’ont pas abouti ? Autant de questions qui restent sans réponse. Le hasard a peut-être voulu que les petits taxis casablancais s’habillent en rouge. Mais force est de le reconnaître : cette belle couleur pourpre ne sied pas du tout à leur vétusté.

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