Essai de la 407 2.0 l : Des griffes de velours

Essai de la 407 2.0 l : Des griffes de velours

Neuf ans après avoir lancé la 406, Peugeot revient dans l’actualité des berlines familiales avec la 407. Une voiture qui, comme celle qu’elle remplace, entend bien faire du volume, peut-être même dépasser les 1.700.000 unités vendues dans le monde. C’est ce que l’on pourrait déduire des prévisions de ventes de Peugeot pour ce modèle, qui sera toujours vendu en 2010 et qui sera fabriqué à quelque 300.000 exemplaires par an. Ceci dit, le constructeur sochalien n’a, semble-t-il, pas lésiné sur les moyens pour offrir à la 407 toutes les chances de réussir. Arsenal technologique et sécuritaire, palette étoffée de motorisations et comportement routier de premier ordre, comme nous le verrons plus loin. Pour le look, c’est une autre histoire.
Loin d’être esthétiquement ratée, la 407 plaît ou… ne plaît pas assez ! Principale responsable de ce sentiment mitigé : la face avant. Proéminente, béante même, la calandre façon coupe-frites est certes très agressive, sans pour autant faire l’unanimité. Pourtant, le coupé 406 restylé avait bien préparé le terrain en adoptant la même «gueule». Par ailleurs, de nouvelles Chrysler, comme la Sebring et la 300 C, et dont la proue reprend le même détail stylistique, sont plutôt séduisantes. En fait, l’ensemble de la partie avant de la 407 découle de tout un travail d’ingénieurs et designers. A leur tête, Gérard Welter, qui crayonne des Peugeot depuis plus de 27 ans (!) et pour qui la 407 doit également répondre aux lois de l’aérodynamique et aux impératifs de sécurité. Ainsi, à travers sa forme abrupte, le long capot est censé minimiser le risque de blessures aux piétons que la 407 percuterait frontalement. A leur tour, les phares se relevant en pointe sur les ailes épousent harmonieusement les deux nervures du capot et le commencement de la ceinture de caisse. Sans parler du pare-brise fortement incliné… Résultat : l’auto affiche un Cx (coefficient de pénétration dans l’air) de 0,29, soit l’un des meilleurs du segment. Plus séduisante, la poupe râblée participe au dynamisme du véhicule, se caractérise par une forte inclinaison de la lunette arrière, ainsi qu’une malle haute. Celle-ci, s’entoure de jolis feux et, drôle de coïncidence, abrite un coffre de 407 litres, qui s’agrandit en rabattant les dossiers de la banquette, tout en conservant un plancher plat.
Plus longue (+ 8 cm), plus large (+ 4,5 cm) et plus haute (+ 6 cm) que la 406, la 407 en est logiquement un peu plus habitable. S’installer à son bord est même un vrai plaisir et l’habillage de la sellerie en velours sur notre version d’essai s’avère d’un moelleux appréciable. Rien de vraiment surprenant, les berlines françaises ayant depuis longtemps déjà cultivé cette réputation d’offrir un confort supérieur à celui des Allemandes. La 407 n’en déroge pas et ses places avant sont encore plus accueillantes. Le conducteur trouve une parfaite position de conduite grâce, entre autres, au réglage lombaire du dossier, tandis que son passager a accès à une flopée de commandes au niveau de la planche de bord. Celle-ci plaît au premier coup d’oeil par sa présentation moderne. La console centrale reçoit un afficheur digital relié au lecteur CD frontal (qui dispose de commandes au volant) et à la climatisation automatique avec régulation séparée gauche/droite. Car sur cette version intermédiaire (ST Confort), rien ne manque ou presque. Dix airbags, régulateur et limiteur de vitesse, capteur de pluie, détecteur de crevaison, miroirs de courtoisie éclairés, ordinateur de bord gérant la consommation et l’autonomie du carburant…
A cela s’ajoutent une bonne dose de rangements (boîte à gants climatisée, bac dans l’accoudoir avant, espace creux dans la console centrale, rang monnaie, vide-poche dans les portières…). A noter aussi, que la commande à distance autorise l’ouverture électrique du coffre, tandis que le verrouillage des ouvrants entraîne la remontée des vitres ou encore le rabattement électrique des rétros extérieurs. Mais nous n’en sommes pas encore là. Voyons d’abord ce que vaut la 407 sur la route…
C’est bien connu : les Peugeot tiennent remarquablement la route. La 407 ne fait pas exception à cette règle, elle s’avère même être une référence en la matière ! Car en termes de suspensions, si le train arrière multibras est conventionnel, le pont avant, lui, recourt à une technique plus pointue : des triangles superposés à pivots indépendants. Résultat : la 407 combine confort d’absorption et rigueur de stabilité. En revanche, malgré ses 136 ch et 190 Nm de couple, le 2.0 litres essence ne fait pas de miracle sous le capot de cette Peugeot. Non pas qu’il soit insuffisant pour tracter les 1,5 tonnes de cette lionne (soit quelque 125 kg de plus qu’une 406), mais demande constamment à être «cravaché», pour avoir plus d’allant. C’est clair, la version 2.0 litres de la 407 s’adresse plus aux pères de familles tranquilles, qu’à ceux visant un comportement quelque peu «sportif». Que l’on se rassure toutefois, ses performances sont plus que correcte avec une vitesse maxi établie à 212 km/h et une consommation mixte de 8,2 l/100 km, si l’on s’en tient aux données du constructeur. Un bon point va pour le freinage, assuré par un ABS avec amplificateur de la puissance.
Racée et bien construite, la 407 ne souffre d’aucune lacune particulière, et cette version 2.0 litres a également l’avantage d’ouvrir le bal des prix à 240.000 DH, en finition SR et de s’afficher à 261.000 DH en cette finition Confort.

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