Fiat Grande Punto JTD 75 : L’attrait du grand gabarit

Fiat Grande Punto JTD 75 : L’attrait du grand gabarit

Lancée au Maroc lors du Salon Auto-Expo 2006, la Grande Punto pourrait être considérée comme une chance pour Fiat Auto Maroc et ce pour plus d’une raison. D’abord, et au-delà de toute considération commerciale, elle vient taire d’une façon ou d’une autre certaines rumeurs, en confirmant que Fiat Auto Spa restera présente et active au Maroc à travers une représentation directe.
Ensuite, l’arrivée de la Grande Punto est une aubaine par ce qu’elle est la voiture la plus vendue en Italie et en Europe et ce depuis janvier 2006. Du coup et surtout, ce modèle devrait repositionner la filiale marocaine du constructeur turinois dans l’un des segments les plus concurrentiels, à savoir celui des citadines. Car il ne faudrait pas se leurrer : malgré son patronyme et ses 4 mètres de long, cette nouvelle Punto reste une voiture du segment B (citadines) et non celui du M1 (compactes).
Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir sous son capot pour constater que la gamme moteurs démarre, en Diesel, avec un petit bloc, en l’occurrence un 1.3 litre qui développe la puissance de 75 chevaux. Et c’est sur cette version, qui devrait constituer le gros des ventes au Maroc, que le choix d’ALM s’est porté pour faire l’objet d’un essai. Mais avant de prendre le volant de cette Fiat, on ne pouvait rester de marbre face à sa robe et passer sous silence ses «attributs stylistiques».
Dessiné par le grand maître du design, Giugiaro, en collaboration avec le «Centro Stile» de Fiat, la Grande Punto est incontestablement une réussite en la matière. D’inspiration «maseratiste», la face avant plaît par ses grands projecteurs en forme presque conique et sa calandre verticale correspondant à une bouche béante.
Très dynamique, le profil est marqué par une ceinture de caisse haute et des lignes tendues qui se prolongent jusqu’à la poupe. Celle-ci, assez ramassée, affiche des feux verticaux mais plutôt courts. Un ensemble massif, mais crayonné avec goût, à l’image de la forme du hayon qui, notons-le au passage, affiche le nouveau monogramme «Punto». Que dire de plus, si ce n’est que les teintes disponibles sont du plus bel effet, comme ce bleu métallisé dit «New Orleans» qui habillait notre Punto d’essai.
Sauf que celle-ci, associée à la finition «Dynamic», se contente de roues (15 pouces) en acier et d’enjoliveurs singeant les belles jantes en alliage de 18 rayons. Dommage, d’autant plus qu’on est en présence d’un véhicule aux proportions peu courantes dans cette catégorie. En effet, la Grande Punto est le premier modèle de son segment à passer la barre des 4 mètres, avec plus précisément une longueur de 4,03 m. C’est ce qui explique en partie qu’à son bord, la notion d’espace est plus qu’une impression : une sensation bien réelle.
Tel peut être le sentiment du conducteur, mais aussi et surtout celui des passagers arrière qui profitent d’un espace plus que suffisant aux jambes : généreux. Et dans ce registre, la Grande Punto est bel et bien grande, vraiment grande. A tel point qu’on se sent plus à l’aise sur sa banquette que sur celle d’une Peugeot 307 ! En revanche, la capacité du coffre n’a rien de gigantesque et ses 275 litres de volume l’inscrivent dans la moyenne du segment (B) sans plus.
Bien dans l’air du temps, le dessin de la planche de bord dénote une certaine originalité et montre même que Fiat a fait d’énormes progrès en matière de présentation intérieure et d’ergonomie.
Cependant, on ne saurait se taire sur la qualité moyenne des plastiques et des assemblages et l’intérieur de cette voiture rappelle à son tour que nous sommes en présence d’une citadine et non pas une voiture du segment supérieur. Question dotation, notre modèle d’essai était associé à la version «Dynamic Clim» qui correspond à une finition de base à laquelle s’ajoute la climatisation (manuelle). En plus de cette dernière, on y trouve également et entre autres, l’ABS avec répartiteur de freinage (EBD), les deux airbags frontaux, un ordinateur de bord, un lecteur CD frontal commandé au volant, ainsi que des équipements de plus en plus courants dans une voiture tels que la direction assistée, les lève-vitres avant électriques ou encore la commande à distance du verrouillage.
Sur la route, le moteur 1.3 Multijet d’entrée de gamme nous a plutôt convaincus. Peu disponible à bas régime et associé à une première vitesse longue (ce seront les uniques griefs que nous avons relevés), ce diesel common rail de dernière génération reste agréable à conduire. Volontaire, mais bien insonorisé, ce petit moteur a du “répondant“ sous le capot de la Punto.
Car si sa puissance n’est que de 75 ch, il dispose quand même d’un couple de 190 Nm. Puis, au-delà d’un léger agrément de conduite, ce moteur est surtout intéressant par sa frugalité. En effet, si sa consommation peut descendre jusqu’à 4.0 l/100 km sur autoroute (à moins de 100 km/h), elle ne dépasse pas (selon les données du constructeur) le cap des 6.0 litres/100 km en milieu urbain.
Autre qualité dynamique de la Grande Punto, son amortissement très typé confort n’est pas sans se répercuter à bord par un meilleur filtrage (aux occupants) des inégalités de la chaussée. Ceci étant, la souplesse des suspensions ne va pas jusqu’à altérer la rigueur de la tenue de route, qui plus est, reste efficace par l’asservissement de la direction assistée par rapport à la vitesse lors des passages en courbes. Enfin, un bon point va au freinage, qui, fort d’un ABS de dernière génération, répond avec efficacité à la moindre pression sur le pédalier. Un peu trop peut-être même.

Le verdict :
La Grande Punto est un modèle qui joue résolument la carte du changement. D’abord par son design réussi. Ensuite par son esprit et sa philosophie qui appellent la clientèle à se forger une nouvelle idée du label Fiat, bien loin des «idées reçues» jusqu’ici. 
Les efforts des concepteurs et des marketeurs sont bien là et louables même. Mais il n’en demeure pas moins que cette Fiat n’a pas encore atteint les standards de qualité que l’on peut retrouver sur une citadine japonaise (comme la Jazz et la Yaris) ou allemande (comme la Polo).
Heureusement, elle se rattrape en matière d’habitabilité, qualité dont profitent ses passagers arrière au quotidien. Puis surtout, le moteur Diesel 1.3 Multijet ne manque pas d’attrait par son allant et sa faible consommation. Reste son prix : 168.000 DH TTC (et 173.000 DH clés en main).
C’est là un tarif avantageux par rapport à une autre voiture de même gabarit, mais qui s’inscrit haut dans la fourchette du segment des citadines. Ce sera au client de trancher, avec comme autres alternatives (très actuelles) la Peugeot 207 et la Renault Clio III. Mais ces deux rivales ne sont pas pour autant mieux loties.

La technique :
4 cylindres en ligne. 1248 cm3. Turbo Diesel par injection common rail. 75 ch/190 Nm. Boîte manuelle à cinq rapports. 4,7 l/100 km en consommation mixte. 165 km/h en vitesse de pointe. ABS + EBD (répartiteur de freinage).  Jantes en acier et pneus de 15’’.

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