Fièvre montante de l’espace

Fièvre montante de l’espace

A l’heure où, en Europe, le segment (traditionnel) des breaks encaisse la déferlante vague des monospaces et autres types de monovolumes, le marché automobile marocain en est à peine avec le décollage de toutes ces voitures à vocation familiale. Pour preuve, la dernière édition de l’Auto-Expo fut le théâtre d’un flot de nouveautés en la matière. En effet, à côté des Renault Scénic, Citroën Picasso, Peugeot 307 SW, Kia Carens et autres Opel Zafira, pour ne citer que les plus connus par les visiteurs de l’exhibition automobile casablancaise, on pouvait également découvrir de nouveaux modèles, fraîchement débarqués par leurs importateurs respectifs. C’est le cas des Mitsubishi Grandis, Seat Altea, Toyota Corolla Verso, Volkswagen Touran, Volvo V50 et tout récemment, Opel Meriva. A cela, il faudrait s’attendre à quelques nouveautés d’ici la fin de l’année en cours et dont on citera entre autres : Fiat Idea, Ford Focus C-Max, Mazda MPV…
C’est clair : on assiste à un engouement certain pour ces véhicules. Un engouement qui rappelle, dans une moindre mesure certes, celui rencontré il y a quelques années par les 4×4, qu’ils soient de loisirs, franchisseurs, luxueux ou tout cela à la fois. Cet intérêt croissant, les breaks et les monospaces le méritent ! Et pour cause, ils parviennent largement à séduire par leurs habitacles spacieux (habitabilité généreuse et grand volume de chargement), conviviaux (toit vitré, luminosité à bord), modulables (de cinq à sept places) et bourrés de petites attentions (tablettes au dos des sièges, boîte à gants réfrigérée, rangements à gogo), le tout, à travers des silhouettes toujours aussi élégantes les unes que les autres. Bref, l’automobiliste marocain est enclin à constater qu’il est en face d’une offre de véhicules parfaitement taillés pour prendre la route en famille, qu’il s’agisse de partir pour de longs séjours de vacances, ou de simples week-ends de loisirs.
Un autre type de clientèle opte aussi pour des véhicules à plus grande capacité de transport : les parents qui font du «ramassage scolaire». Une pratique très courante à Casablanca, où bon nombre d’automobilistes ramènent, ou récupèrent les enfants du voisin ou du… cousin. Là encore, les «sept places» ont la cote, d’autant plus que leur troisième rangée de sièges convient le plus souvent à des enfants.
Mais dans cette catégorie, tout n’est pas rose… Car, qui dit breaks et monospaces, dit aussi une architecture automobile particulière, parfois pénalisante sur le plan dynamique, voire même à la pompe. Assez élevés et donc pourvus (comme les 4×4) d’un centre de gravité plus haut, les monospaces ont ainsi le fâcheux défaut d’être vulnérables au vent latéral. Attention aussi aux fortes prises de roulis dans les virages… Ils sont également souvent peu aérodynamiques et ce, malgré leur carrosserie monocorps, dont le pare-brise est à la fois fortement incliné et en continuité droite avec le capot plongeant. Quant à leur consommation parfois conséquente, elle est dû, là encore, à leur forme toute en hauteur, constituant de ce fait un obstacle au vent frontal. Enfin, une mûre réflexion permet de deviner combien il est moins évident de… rafraîchir un monospace ! Sous un soleil tapant et dans un espace intérieur aussi volumineux, la climatisation n’est plus une option de luxe, mais un équipement indispensable. C’est aussi une autre source de consommation accrue. Et nous vous laissons imaginer ce qu’il en est pour les véhicules coiffés d’un toit panoramique en verre…
Du coup, les constructeurs semblent revenir aux sources, mais avec une approche conceptuelle un tantinet hybride. A mi-chemin entre breaks et monospaces, les «breakospaces» font fureurs ces temps-ci ! Leur point fort : offrir dans une carrosserie longue et fuselée, un espace modulable à souhait, avec notamment la possibilité de passer en deux temps trois mouvements, à une configuration de cinq, six ou sept places !
Voilà en gros ce que l’on pouvait dire sur ces véhicules qui rencontrent un franc succès sur les principaux marchés européens et qui ont tous les ingrédients pour répondre aux besoins des familles (nombreuses).
Si l’on peut aujourd’hui avancer que le consommateur marocain est en train de s’affranchir progressivement de l’image négative qu’il se faisait des breaks (qu’il assimilait souvent à des voitures pour livreurs de pain ou destinés aux ambulanciers), on est aussi en droit de se demander si la bonne vielle berline survivra à tous ces nouveaux concepts architecturaux hybrides. Car, la fièvre du monospace envahira bientôt un autre segment : celui des citadines.

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