Ford redevient bénéficiaire et progresse dans sa restructuration

Régulièrement déficitaire depuis trois ans, le groupe automobile a fait état jeudi d’un bénéfice net de 2,3 milliards de dollars sur ces trois mois, contre une perte de 8,7 milliards un an plus tôt, grâce à un gain exceptionnel. Le groupe de Dearborn (Michigan, nord des Etats-Unis) a fait nettement mieux qu’attendu par les analystes et l’action du groupe s’envolait à la bourse de New York de 10%, la semaine dernière. Au cours du trimestre écoulé, Ford a engrangé pour 2,8 milliards de dollars de gains exceptionnels, résultant notamment de la restructuration réussie de sa dette. Cette opération financière lui a permis de dégager un gain de 3,4 milliards de dollars, selon un communiqué diffusé par l’entreprise. En excluant ce facteur, Ford est resté déficitaire, de 638 millions de dollars, mais sa perte était encore de 1,4 milliard un an plus tôt. Rapportée au nombre d’actions, la perte courante s’établit à 21 cents, soit moitié moindre qu’attendu par le marché (48 cents). Ford a réalisé sur le trimestre un chiffre d’affaires de 27,2 milliards de dollars, soit 11 milliards de moins qu’un an plus tôt. Il reste toutefois supérieur aux estimations, qui étaient de 24,7 milliards.
Le constructeur a souligné que l’amélioration de ses finances le plaçait «en bonne voie» pour réaliser son objectif de retour aux profits à l’horizon 2011. Déjà, il s’est dit aussi en mesure «d’atteindre ou de dépasser» ses objectifs pour l’année en cours, que ce soit en terme de réduction de coûts (plus de 4 milliards de dollars visés) et de trésorerie. Nerf de la guerre, les liquidités de Ford atteignaient encore 21 milliards de dollars fin juin, ce qui correspond à une consommation de  «cash» de 1 milliard sur le trimestre. L’amélioration est très nette par rapport aux trois premiers mois de 2009 pendant lesquels Ford avait brûlé 3,7 milliards de liquidités et elle devrait continuer dans les mois à venir.
Ford table aussi sur une amélioration de ses parts de marché aux Etats-Unis cette année. Ses marques Ford, Lincoln et Mercury ont toutes progressé au deuxième trimestre sur ce marché sinistré.
Engagé depuis trois ans dans une restructuration permanente, Ford a encore réduit ses coûts de 1,8 milliard de dollars sur le trimestre, dont 1,2 milliard en Amérique du nord, sa région la plus difficile. Ses activités industrielles ont dégagé sur le trimestre une perte avant impôt de 1 milliard de dollars, contre -699 millions un an plus tôt, affectée par l’atonie continue de la demande automobile et par le coût de ses restructurations. L’Amérique du nord est responsable de la quasi totalité des pertes de la division (851 millions). L’activité de crédit automobile a en revanche été bénéficiaire de 595 millions, contre une perte de 334 millions un an auparavant. La dette a été réduite à 10,1 milliards de dollars, ce qui permet au constructeur d’économiser 500 millions par an en intérêts. «La route reste difficile», ont toutefois reconnu ses dirigeants. «Si un début de reprise de l’économie est attendu pour le second semestre, la reprise s’annonce plus modeste que beaucoup ne l’avaient espéré», a commenté le patron de Ford Alan Mulally lors d’une conférence téléphonique.

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