Genève 2009 : Le bal des ultra-sportives

Genève 2009 : Le bal des ultra-sportives

Elles sont rouges, jaunes ou vertes, toujours plus rutilantes, plus rapides, plus performantes: les belles du Salon automobile de Genève sont toujours là pour faire rêver, bravant la crise et les perspectives moroses du secteur sinistré. «Genève a toujours été un salon un peu particulier, entre province et chic» où «chacun veut venir avec un nouveau concept», explique Carlos da Silva analyste chez Global Insight. Ainsi, les constructeurs ont une nouvelle fois apporté en Suisse leurs plus beaux modèles, enrichis cette année de couleurs vives, et qui constituent la principale attraction des quelque 700.000 visiteurs attendus entre le 5 et le 15 mars.
Dans le domaine du rêve, les sportives dépassant les 100.000 euros dominent largement. Lamborghini a créé le buzz la semaine dernière devant la presse avec le lancement, façon show télévisé à l’italienne sur fond de musique tonitruante, de son dernier modèle le Murciélago LP 670-4 Super Veloce dont la seule couleur jaune poussin ne passe pas inaperçue. Sportive aux lignes effilées, dotée d’un moteur de 670 chevaux pouvant atteindre 100 km/h en 3,2 secondes, elle est «plus extrême et plus exclusive que n’importe quelle autre voiture», assure le président du constructeur Stephan Winkelmann. L’obsession du «toujours plus» se retrouve chez les concurrents : Porsche fait trôner sa 911 GT3 rouge vif, qui sortira l’automne prochain, avec un moteur encore «plus puissant» et «plus efficace», promet le constructeur allemand. L’italien Ferrari n’est pas en reste avec ses belles rouges dont «la sportivité» des moteurs a encore été augmentée.  Pour améliorer ces résultats, les constructeurs ont réduit moteurs et allégé les carrosseries… Et pour couronner leurs efforts, ont décliné les modèles en vert, rouge et jaune tel l’américain Corvette. Accessibles pour quelques jours aux communs des mortels, les petits bijoux sont bichonnés, régulièrement dépoussiérées par les plumeaux d’une armada de petites mains, et mises en valeur par des «hôtesses» légèrement vêtues. «Elles font rêver», commente Marcello, un jeune Suisse tessinois aux yeux perdu dans la contemplation des moindres détails de chaque voiture.
Les constructeurs le savent bien, s’adressant avant tout à «l’émotion» de leur client. «La voiture est très importante dans la conscience humaine, car elle symbolise le plaisir au quotidien et le prestige», explique un responsable de la start-up californienne Tesla.
Et «en temps de crise, il est encore plus important de pouvoir rêver», relève encore le PDG du fabricant Rinspeed, Frank Rinderknecht. Le spécialiste de prototypes innovants en a même fait son fond de commerce. Cette année, il présente une belle sportive orange métallisée s’ouvrant par le toit et dont l’habitacle se module en fonction du nombre de passagers.
Mais le must de la 79ème édition du salon de Genève reste sans aucun doute la voiture de luxe «écologiquement correcte». Un nouveau concept stimulé par les sommets atteints en 2008 par les prix du pétrole et la crise, qui ont déclenché une véritable «prise de conscience» verte chez les consommateurs, y compris dans le haut de gamme. La plus verte des vertes est sans aucun doute le Tesla Roadster sport, spider très stylé qui atteint 60 km/h en 3,9 secondes, grâce à un moteur 100% électrique d’une autonomie de 390 km pour un prix de 99.000 euros.
Le concept pourrait bien faire des émules… d’autant que la crise n’a pas épargné la niche du luxe qui va devoir s’adapter.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *