Givet Vs marques européennes : le bras de fer continue

Givet Vs marques européennes : le bras de fer continue

Un peu plus d’une semaine après le démarrage en fanfare du road show médiatique du Groupement des importateurs de véhicules pour l’équité tarifaire (Givet), la riposte des importateurs automobiles de marques européennes s’organise. Un communiqué de presse émis conjointement par les filiales Renault Maroc et Fiat Group Automobiles Maroc, ainsi que les importateurs Sopriam et Centrale Automobile Chérifienne vise à «clarifier quelques points à l’opinion publique». Mais avant de poursuivre, il serait peut-être plus opportun de rappeler les revendications du Givet, structure qui regroupe donc des importateurs de marques non-européennes. Des importateurs qui se disent déjà fortement lésés par l’iniquité tarifaire découlant des droits de douane en vigueur, soit 27,5% (17,5% en 2012), alors que leurs homologues des labels européens profitent d’un taux (douanier) actuellement de 6,5% et prévu à 3,2% en 2011, avant un démantèlement total en 2012. D’où la principale requête du Givet qui exhorte les pouvoirs publics à réajuster la balance et fixer les droits de douane pour les importations de véhicules non européens à 10%. Des revendications que les «européens» ne voient pas d’un bon œil, arguant –à travers un communiqué de presse– que les non-européens peuvent s’approvisionner du Vieux Continent et profiter ainsi du démantèlement. «L’accord Union européenne-Maroc ne favorise pas uniquement les constructeurs européens. Il s’applique à tous les constructeurs présents en UE, autrement dit, les marques non-européennes exportent avec des taux préférentiels au Maroc les véhicules montés dans leurs usines européennes, à condition de remplir les conditions d’origine prévues par l’accord», lit-on sur leur communiqué. Puis d’ajouter, «Dans ce contexte, il ne faut pas négliger l’aide de l’UE au Maroc au titre de la politique de partenariat sous forme d’appui au budget de l’Etat marocain. L’Union européenne est le principal investisseur direct étranger au Maroc (80% des IDE entre 2000 et 2008). L’Europe est de loin le premier partenaire commercial du Maroc dont elle absorbe 60% des exportations». Puis de rappeler que «l’évolution de la ventilation des ventes CBU (véhicules importés) et CKD (véhicules assemblés localement) au Maroc entre 2005 et 2009 est caractérisée par la croissance des marques non-européennes, qui sont passées de 18.517 unités vendues en 2005 à 35.609 unités en 2009, malgré la baisse des droits de douane des véhicules importés d’Europe». Selon les «Européens», «le démantèlement annoncé en 2000 avait déjà pris en compte les demandes des importateurs ainsi que la promotion de l’industrie locale» (…) et «plusieurs marques (Européennes et non européennes) se sont installées au Maroc connaissant parfaitement l’existence de cet accord et de ses conséquences». Bref, le bras de fer continue entre les importateurs européens et les membres du Givet. Reste à craindre une seule chose lorsqu’on voit se multiplier de telles querelles intestines au sein de l’Association des importateurs de véhicules automobile au Maroc (Aivam), surtout depuis l’apparition de ces nouvelles structures de lobbying que sont le Givet et l’Union pour la promotion du secteur automobile au Maroc (Upsam): l’éclatement de l’Aivam.

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