GP F1 des Etats-Unis : le grand flop

Pour l’anecdote, Michael Schumacher, sur Ferrari, a remporté la 84e victoire de sa carrière, en devançant son coéquipier Rubens Barrichello. Mais pour l’anecdote seulement ! Car derrière… le vide.
Ou plutôt de Jordan–Toyota et des Minardi-Cosworth. Les deux écuries les plus faibles du plateau étaient bien heureuses de marquer des points aussi inespérés que précieux car synonymes de rémunération. «Ce qui s’est passé est triste, mais moi, je suis content : il fallait être là», a commenté le Portugais Tiago Monteiro, 3e et pour la première fois de sa carrière sur un podium de F1. Effectivement ! Le retrait théâtral des quatorze monoplaces chaussées de pneus Michelin, à l’issue du tour de formation, ne peut en aucun cas être imputé aux écuries Bridgestone qui ont couru. «On ne peut pas rendre responsables des gens qui n’y sont pour rien, a souligné Schumacher. Je ne sais pas quel était leur problème, mais ce n’était pas le nôtre».
L’accident de son frère cadet Ralf (Toyota) le vendredi aux essais libres est à l’origine d’un scénario proche de la science fiction. Michelin, ayant en effet constaté que les pneus qui devaient être fournis à ses écuries n’étaient pas suffisamment fiables pour une raison inexpliquée entre vendredi et dimanche, a décidé de leur conseiller de ne pas courir… sauf si la Fédération internationale de l’automobile (FIA) leur permettait d’enfreindre le règlement ou si elle modifiait le tracé du circuit ! La réponse a fusé: «hors de question» d’installer une chicane dans le virage relevé où Ralf a eu son accident et si le règlement est enfreint, des pénalités seront prononcées. En soi, l’attitude de Michelin et des écuries est louable, de faire passer la sécurité avant la course. Mais après tout, le sport automobile est dangereux et si le manufacturier français, qui domine de la tête et des épaules son concurrent japonais depuis le début de la saison, a échoué -pour une fois- dans le développement d’un pneu compétitif pour Indianapolis, les pilotes étaient libres «de rouler moins vite», note la FIA.  De son côté, Michelin a publié un communiqué d’excuses, expliquant que la décision avait été prise car le manufacturier "ne transigeait" pas sur la sécurité des pilotes.
Reste que cette mascarade a largement déplu au public américain déjà peu enclin à suivre la F1. Une partie des spectateurs qui n’avait pas quitté le circuit après le départ a même sifflé les pilotes sur le podium. Pas les bonnes cibles.

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